Une Histoire De Soupape

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Une Histoire De Soupape

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:36

Premier épisode : La gestation - l’inauguration

Nous sommes donc le 1ier mai 1978, lorsque j’ai l’idée d’ouvrir un lieu de spectacles et de rencontres. Une idée saugrenue, une idée un peu folle. Mais, comment cette idée a-t-elle surgi dans ma tête ? Pourquoi en suis-je arrivé là ?

Depuis longtemps, j’aime bien les relations sociales. Les relations avec mes collègues de bureau ne sont pas très satisfaisantes. Nous ne parlons que du boulot. C’est comme si le monde extérieur n’existait pas.

D’autre part, comme raconté précédemment, depuis de nombreuses d’années, je fais partie d’une troupe de théâtre étudiante. Nous nous voyons chaque semaine d’octobre à mars pour préparer un spectacle. Je vis intensément les moments de répétition, de représentation. De plus, l’organisation me plait aussi beaucoup. Mais ce n’est pas suffisant. Il me faut plus. J’aurais envie que cela dure tout le temps, toute l’année.
Par ailleurs, posséder un lieu, cela me permettrait de rencontrer des gens sans sortir de chez moi (je suis aussi paresseux !).

Je parle de mon projet à plusieurs amis. J’écoute attentivement leurs avis. Les uns fort enthousiastes, les autres plutôt alarmistes. Je réfléchis beaucoup et met sur papier toutes les idées qui me viennent à l’esprit. Je vais aussi voir des endroits qui pourraient ressembler à celui que j’aurais envie d’ouvrir. Je collecte des renseignements sur la manière de fonctionner. Le projet prend forme. Un plan de travail est rédigé. Petit à petit, je me rends compte que cela peut fort bien marcher. Puis un jour, c’est décidé, je fonce.

Après deux mois de préparation, il me faut maintenant chercher un lieu : les petites annonces, les visites. Certains quartiers de Bruxelles sont quadrillés.
Puis un beau jour, au mois de juillet, en circulant en voiture dans les rues autour de la place Flagey, je tombe sur une affiche apposée sur la porte du garage d’une toute petite maison :
« A louer. Maison + Garage ou Atelier ». Le rez-de-chaussée est occupé par un studio de photos et les deux étages sont destinés au logement. Le loyer n’est pas trop élevé. C’est miraculeusement tout à fait ce qui me convient.

Avec quelques amis, nous réfléchissons à l’aménagement, le matériel, la décoration. Il n’y a pas grand-chose à faire. Il suffit d’y mettre quelques tapis, des tables, des chaises, quelques gros fauteuils, trois projecteurs, une sono de salon, un enregistreur stéréo et deux micros.
Je n’achète pratiquement rien, tout est récupéré à gauche et à droite. Un ami un peu plus compétent installe l’électricité. Et c’est terminé !

Pour être en règle avec l’administration, nous créons une ASBL. Elle s’appellera pompeusement : « Centre de Rencontres et d’Animations Artistiques ». Cela fait sérieux. J’aime bien que le mot ’rencontre’ se trouve dans le nom. D’ailleurs, il correspondra à une réalité. Un nombre incroyable de personnes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées, feront connaissance par l’intermédiaire du lieu, et ce parfois même de façon indirecte. Des rencontres amicales, professionnelles, amoureuses,…qui en marqueront plus d’un !

Parmi les fondateurs, il y a notamment Patrick Bonté qui dirige le Jeune Théâtre de l’ULB, Paul Huygens, qui faisait partie de la troupe de théâtre et actuel directeur du Music Village, Marie Cosse, un ami caméraman à la RTBF, Jacques Duesberg...
Mais le nom de l’Asbl n’est pas très accrocheur pour un lieu de spectacle ! Il faut en trouver un autre. Lors d’une réunion, des noms fusent de toutes parts.

J’aime bien le mot « Soupape ». Il suggère bien l’image d’un défoulement, d’une explosion. A la fois pour les autres et pour moi-même. Pour moi, c’est en relation directe avec l’existence que je mène au bureau, et pour les autres, il y a cette possibilité de se laisser aller, de se lâcher, tant pour les futurs spectateurs que pour les futurs artistes et ce dans le plaisir ou l’émotion. Car il faut que le plaisir soit la notion essentielle.
Au nom «Soupape», nous ajoutons le mot « piston », pour y mettre une touche musicale : « La Soupape à pistons ». Cet ajout sera finalement supprimé à la dernière minute, peu avant l’ouverture.

En même temps, nous réfléchissons à la programmation. Chacun d’entre nous connaît l’un ou l’autre artiste. Après avoir été contactés, tous sont enthousiastes et sont d’accord pour essuyer les plâtres : un groupe de musiciens classiques, la chanteuse ANN GAYTAN, un spectacle cabaret du Jeune Théâtre de l’ULB, un conférencier, une rencontre avec un réalisateur de film, un groupe de jazz, un récital de sitar,... Il y a aussi une exposition de peinture, une soirée cinéma,…On est vraiment très gourmand ! On fonce tout azimut !
Un dépliant avec le programme est édité et envoyé à toutes nos connaissances.
Quelques jours avant l’ouverture, Jacques Brel vient de mourir…

L’INAUGURATION

Enfin, le grand soir est arrivé. Nous sommes le 20 octobre 1978. C’est la grande foule ! Les spectateurs sont les amis de chacun d’entre nous. Le prix d’entrée est fixé à 40 F. Les lampes de la salle s’éteignent. Les trois seuls projecteurs s’allument. C’est parti, l’aventure peut commencer…Derrière le bar, une série d’amis. Ils se relayeront semaines après semaines.

Mais la programmation n’est faite que pour deux mois ! Maintenant, il faut continuer et prévoir la suite ! Heureusement, le bouche à oreille fonctionne vite et bien. Plusieurs chanteurs et artistes me contactent. Ils sont intéressés de se produire dans ce nouveau lieu.
Comme je ne les connais pas, je vais en voir certains chanter dans différents endroits. L’une d’elle se produit dans une boîte près du Sablon à l’occasion d’une fête organisée pour ses 18 ans. Mais qu’est ce qu’elle chante bien ! OK. Elle peut venir ici. Son nom : Claudie Claude ! Elle reviendra d’ailleurs régulièrement pendant plusieurs années. Elle changera aussi de nom, d’abord Claude Maurane, puis MAURANE, tout court !

Je ne peux malheureusement pas tous aller les voir. A certains, je demande donc de venir passer une audition. C’est très pratique, mais j’apprends vite que c’est surtout très délicat. Le chanteur sonne, j’ouvre la porte et je découvre quelqu’un que je n’ai jamais vu. Généralement, il vient avec sa guitare. Un premier contact, une première impression. Je suis d’abord souvent mal à l’aise. Avec certains, le contact passe tout de suite très bien, avec d’autres moins ou alors pas du tout. Selon les cas, c’est ensuite facile ou bien fort difficile de l’écouter avec une certaine objectivité, sans à priori.

Une fois installé sur la mini scène, le chanteur commence à interpréter ses chansons. Je sens qu’il a le trac. Et c’est à cause de moi ! Assis dans la salle, je regarde, j’écoute. Je n’y connais pas encore grand-chose. C’est un véritable supplice. En plus, je vais devoir faire des commentaires ! C’est bien évidemment assez facile lorsque je suis emballé, sinon…

Un soir, une chanteuse arrive. Elle est toute menue. Elle a de grands yeux noirs. Elle est fort belle. Tout de suite, je suis séduit. De plus, elle est super sympa. Elle commence à chanter en grec. Extraordinaire. Quoi ? Elle voulait passer une audition ? Elle me raconte ensuite tout son parcours ! Je suis gêné. Elle s’appelle ANGELIQUE IONATOS. Elle me fera l’amitié de venir spécialement de Paris, où elle partira vivre plus tard, pour chanter à l’occasion du 10ème anniversaire de la Soupape.
Lors de cette mémorable audition, elle est accompagnée de son ami, JEANPICO, un fabuleux montreur de petits objets et de petites marionnettes. Il viendra ici pendant une quinzaine d’années créer pratiquement tous ses spectacles : « One mythoman show », Sans parole », « Petit », « Comédie ou l’opéra d’un fou ». Ensuite, il arrêtera brusquement de faire des spectacles.

Les premiers mois, la plupart des artistes qui fréquentent les autres lieux se produisent ici : Ann Gaytan, José Narvaez, Isabelle Rigaux, Jeanpico, Stanislas, Marc Herman, Claudie Claude, Angélique Ionatos, Claudine Dailly, Jean Pierre Defraigne, Daria de Martynoff,…

Certains artistes deviendront des habitués de la maison. Ils s’y produiront très régulièrement.

Anecdote : J’avais entendu dire, un jour, que l’un d’eux, qui avait quitté la Belgique en 83 pour retourner en France, était décédé après avoir été longtemps malade. Et voilà que dernièrement, je reçois un mail : « Et bien non, je ne suis pas mort ! ». Pratiquement 20 ans après, j’apprends que José Narvaez vit toujours et qu’il habite dans le Midi !

Rien que durant la première saison, plus d’une soixantaine de récitals, concerts, spectacles différents ont été programmés !!! Nous étions particulièrement gourmands !! Je n’en reviens pas moi-même ! Et, vérification faite, ce rythme durera pendant plusieurs années !

Le lieu n’est ouvert que le vendredi et le samedi. Il est vrai qu’il me serait difficile de l’ouvrir plus, car je travaille toujours à mon bureau. Les artistes ne se produisent qu’un seul soir, très rarement deux. De la sorte, les soirées sont presque toujours complètes.

Petit à petit, je deviens plus sélectif. Car, si au début, la porte est ouverte à un peu tout le monde, je me rends compte, après quelques déceptions, que je dois absolument faire une sélection. De plus, si les spectateurs passent une mauvaise soirée, ils ne reviennent plus. J’apprends que pour les fidéliser, il faut absolument que la soirée soit réussie et que chaque fois ils en ressortent contents.

Petite précision concernant le terme CAFE THEATRE.

Au moment de l’ouverture de la Soupape en 1978, il n’existait pas, à Bruxelles, de lieux dénommé « Café-théâtre » comme il en existait à Paris depuis une quinzaine d’années.
Il existait des « boîtes à chansons », dont la plus connue était le « Grenier aux Chansons », des « Cabarets » et des « Cafés- concert ». Comme nous avions l’intention de programmer une grande variété de genres artistiques tels que la chanson, le théâtre, l’humour, le jazz, la musique classique, les musiques du monde, le seul en scène,…, il fallait trouver une appellation plus adéquate. Nous avons donc pensé à la dénomination assez large de « Cabaret -Théâtre ».
Mais après avoir entendu certaines personnes croire, à cause du mot « Cabaret », qu’il s’agissait aussi d’une boîte à strip tease (!), nous avons, en fin de compte choisi la dénomination « Café-théâtre », faisant ainsi référence au terme plus sérieux utilisé à Paris, même s’il n’était pas tout à fait adéquat.

Actuellement, on trouve des lieux appelés « Café-théâtre » avec tantôt la configuration d’une petite salle de théâtre avec des rangées de sièges, tantôt des salles avec des tables et des chaises. Le point commun est néanmoins la variété des styles programmés. Souvent tous s’y retrouvent avec, selon les lieux, une préférence pour l’un ou l’autre genre.

En tous cas, peu de personnes savent encore que c’est la Soupape qui a lancé l’utilisation de ce terme à Bruxelles !

Suite au prochain épisode intitulé « Après les plâtres de la première année, les années 80 ! »
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Les années 80

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:37

Les CHANTEURS – La PRESSE – QUELQUES CHIFFRES - Les NOUVELLES DECOUVERTES : En CHANSON, en HUMOUR

Durant le début des années 80, la plupart des chanteurs belges du moment viennent chanter à la Soupape : Philippe Anciaux, le duo Pipou et Philippe Lafontaine, Robert, Stan et Adam, Johan Verminnen, Martine Kivits, Jacques-Ivan Duchesne, Bernard Delpierre, Evelyne Bruyère, Aline Dhavré, Albert Delchambre, Marc Lelangue, Photis Ionatos, Claude Semal. Ce dernier vient aussi bien avec ses récitals de chansons qu’avec ses spectacles (L’avenir n’est plus ce qu’il était, Tous aux abris, Ode à ma douche).

Citer le nom de tous les artistes qui se sont produits à la Soupape serait fastidieux. Que ceux et celles que je ne citerai pas veuillent bien me pardonner, cela remplirait des pages et des pages. Il m’est impossible de les citer tous.

Je m’en voudrais de ne pas signaler l’événement qu’est la création, en octobre 80, du superbe « Récital Léo Ferré » par la chanteuse Ann Gaytan accompagnée par un tout jeune pianiste, Jean Luc Fafchamps, alors étudiant à l’ULB et au Conservatoire !

En 1984, paraîtra un très beau livre illustré « Brel ! Et après ? ». Il dresse le panorama de toute la chanson de l’époque.

Chaque année, nous célébrons l’Anniversaire de la Soupape. Des fêtes mémorables. Sur deux soirées, défilent presque une vingtaine de chanteurs et d’humoristes. De véritables marathons !! Ces événements ont fort heureusement été filmés et j’ai conservé précieusement ces moments rares.

Ce qui est marrant, c’est que, généralement, j’avais une dizaine d’années de plus que les artistes, alors qu’aujourd’hui, ils ont une trentaine d’années de moins que moi !! Eux n’ont pas vieilli, moi bien ! Plusieurs d’entre eux deviennent des copains, voire des amis.

Mais il n’y a pas seulement que des artistes belges, il y a également des chanteurs étrangers, français, suisses, canadiens : Michel Arbatz, Michel Bhuler, Jim Corcoran, Gérard Delahaye, Melaine Favennec (qui reviendra en 99), Bernard Haillant, Sylvie Tremblay, Christian Blondel, Alexandre Révérend, Morice Benin, Jacques Bertin, Antoine Tomé,…
Je me rappelle ainsi de l’étonnant Alexandre Révérend, venu de Paris avec sa copine, Cécile : « Cécile, ma fille » que chantait son père, Claude Nougaro !, de ces trois soirées magiques avec au même programme Gérard Delahaye et A.Ionatos. Des moments fabuleux. Mais aussi de Morice Benin que je surprends en train de vider mon frigo sans, auparavant, m’avoir rien demandé !
Certains comme les regrettés Bernard Haillant et Christian Blondel se produiront plusieurs fois.

Nous continuons aussi dans la diversité en alternant la chanson, le jazz, des spectacles d’humour, la musique classique. Comme nous avons un piano à queue, plusieurs pianistes classiques donnent des récitals. L’un d’eux viendra même créer une œuvre de Philippe Boesmans.

Des RENCONTRES - DEBATS sont organisées en collaboration avec Diffusion Alternative et l’Asbl Voix Voies. Viennent ainsi, William SHELLER, qui interprètera quelques unes de ses chansons en fin de soirée, la grande Anne SYLVESTRE, France BREL (Mon père disait…), Philippe Luthers pour les vidéo clip et Gilles Verlant qui vient parler de l’univers Rock & Roll. Je me souviens lui avoir demandé une définition du Rock. Il n’a pas pu me répondre !
Il s’en est fallu de peu pour qu’une rencontre ait lieu avec Léo Ferré, mais finalement elle se fera Botanique !

Depuis le début, nous programmons également pas mal de JAZZ. Se sont produits ici durant cette première décennie : Charles Loos, Guy Cabay, Alex Furnelle, Stéphane Martini, Nigel Renard, José Bedeur, Alain Rochette, Jean Didier Vandervorst, Pierre Viana, Philippe Aerts, Félix Simtaine, Marc Hérouet, Bob Dartsch, Luc Pilartz,…

Tous les deux mois, un programme est imprimé et envoyé à tous ceux qui le souhaitent.
En les consultant pour me rafraîchir la mémoire, je constate qu’à partir de 1982 naît une petite rubrique intitulée « Soupapéchos ». On peut y trouver toute une série d’infos sur les artistes de la maison. Sortie de disques, festivals, concerts,…Ensuite, on y trouvera toutes sortes d’articles de presse concernant la chanson et les chanteurs. Une espèce d’ancêtre de la « Gazette de la Soupape » envoyée actuellement par internet !!

J’ai envie d’en citer deux extraits :

« Claude Maurane, dont le dernier 45 tours fait un boum en France et en Belgique, sera avec Claude Nougaro à l’Olympia le 6 décembre (82) »
« 1982 : Une bonne cuvée pour la chanson. Très nombreux sont les chanteurs qui ont « sorti » un 45 ou un 33 tours, ce qui est indispensable pour se faire connaître. On ne peut que saluer le travail de promotion que certains animateurs de la RTB ont entrepris pour faire découvrir à un large public les chanteurs de chez nous. »

C’est l’époque où la Soupape acquiert une certaine renommée, notamment grâce à LA PRESSE.

« Un de ces trop rares lieux de spectacle à visage humains où l’on peut se sentir en communion avec les autres spectateurs, rencontrer l’artiste du jour » (F. Chenot- Le Drapeau Rouge – 82)
« En trois ans, la Soupape a non seulement fait ses preuves, mais a répondu à un besoin vital pour la vie artistique bruxelloise. Michel équilibre sa programmation avec beaucoup de soin et son café-théâtre est devenu pour la plupart des artistes un lieu de prédilection où présenter leur nouveau spectacle » (Regards – 82)
« Un des rares lieux-moteurs et authentiquement vivants de la Belgique chantante » (Le Soir – 83)
« Il faut reconnaître à la Soupape et à son animateur, le talent de programmation en qualité et en découvertes heureuses. » (F.Nice- le DR- 83)

Dès le début, des journalistes viennent voir les spectacles ou les concerts : Françoise Nice et Francis Chenot du Drapeau Rouge, Catherine Degan du journal Le Soir, avec laquelle, quelques années plus tard, j’entrerai en conflit ! (voir plus loin).

Il y a, bien évidemment, l’excellente revue UNE AUTRE CHANSON dirigée par Francis Chenot qui a toujours beaucoup écrit sur les petits lieux et en souvent souligné l’importance. De nombreux articles, au fil des ans, ont été rédigés à propos de la Soupape et des chanteurs qui s’y produisent, notamment sous la plume de Marc Gilmant.

Nous avons toujours considéré que notre lieu devait avant tout « servir » aux artistes. Que ce soit pour tester ou créer leur nouveau spectacle, leur nouveau récital et/ou pour leur permettre de le répéter, que le spectacle ou le récital aient lieu ou non à la Soupape !

QUELQUES CHIFFRES.

Pour l’ouverture de la Soupape, seulement 80.000 F ont été investi ! Les rentrées financières sont modestes et juste assez suffisantes pour s’en sortir. Il est vrai que je suis assez, disons, économe ! Pourtant une petite aide de l’Etat ne serait pas de refus, surtout pour améliorer le matériel qui au début est vraiment rudimentaire. Après deux ans, je contacte la Commission française de la Culture et le Ministère de la Communauté française. Mais le problème, c’est que l’activité d’un tel lieu ne rentre pas dans un de leurs secteurs préétablis et ce dans la mesure où la programmation couvre plusieurs domaines différents : la chanson, le jazz, le théâtre, la musique classique,… Pour sortir de cet imbroglio et pour quand même venir en aide à ce type de lieu, les responsables vont innover ! Ils vont élaborer un cadre réglementaire qui va tout simplement reprendre la façon de fonctionner de la Soupape. Ce cadre servira d’ailleurs, pendant des années, pour la plupart des autres lieux qui s’ouvriront plus tard ! Merci, la Soupape ! A partir de 1982, nous recevrons respectivement une aide annuelle de 50.000F et de 60.000 F. Cette aide augmentera de temps à autre au gré de la gentillesse des responsables, car mis à part la première demande, je n’ai jamais demandé d’augmentations. Considérant qu’un subside n’était pas un droit acquis, je me suis toujours débrouillé avec ce qu’on voulait bien me donner...

LES DECOUVERTES, LES CREATIONS

Le début des années 80 est particulièrement riche en découvertes de nouveaux talents, que ce soit dans la chanson, l’humour, ou le théâtre.
Plusieurs jeunes artistes débarquent à la Soupape. D’abord, ils sont souvent programmés lors de soirées « Cabaret » ou à l’occasion de premières parties.

LA CHANSON

Un soir, un tout jeune de 17 ou 18 ans défonce la porte d’entrée : Il veut me faire entendre ses chansons ! Il s’installe au piano et enchaîne une dizaine de chansons avec une énergie pas possible. Je suis, comme on dit, sur le cul ! Quel talent ! Il est encore à l’Athénée d’Ixelles et m’invite à venir y voir son concert. Bouillonnant d’enthousiasme, il me demande ensuite de pouvoir présenter un nouveau spectacle qui allie la chanson, le cinéma et des sketches. Nous sommes en novembre 1980. C’est assez génial. Il s’appelle MARC DE HOLLOGNE.
Par la suite, il se produira ici près d’une quinzaine de fois et participera à « La course autour du monde ». Après que je l’ai fait découvrir à Huguette de la Samaritaine lors du Festival « Notre chanson » au Botanique, celle-ci ouvrira son lieu avec lui en 1985. Il présentera ensuite son spectacle titanesque « Manoé » au Passage 44 et réalisera un des premiers clips de Maurane. Après être revenu à la Soupape à l’occasion de ses 10 ans de spectacle, il sera l’assistant de Maurice Béjart à Lausanne et réalisera en 93, à l’Opéra Bastille un fabuleux spectacle pour les 80 ans de Charles Trénet, dont il réalisera aussi un disque ! Plus tard, il jouera un rôle important dans le film de Lelouch « Hasard et coïncidence » et participera à plusieurs émissions de télévision toujours avec ce mélange de cinéma, chanson et théâtre.
Un soir, je découvre à la télé qu’il est nominé aux Molières pour son spectacle « Marciel monte à Paris ». C’est pour moi, un grand moment d’émotion : « Et dire qu’il a débuté ici..!»

Ensuite, presque chaque année nous apporte de formidables découvertes. Alors que 83 sera celle de la découverte de PASCAL CHARPENTIER, 84 sera celle de PHILIPPE TASQUIN. Tandis qu’en 85, mes coups de cœur se porteront sur HUGHES MARECHAL (sorti de l’Ecole de la Chanson) et le fort prometteur VINCENT HATERT. Celui-ci se tuera tragiquement en voiture dans les années 90, alors qu’il venait, après quelques années d’arrêt, de recommencer à chanter…

En janvier 86, est programmée pour faire une première partie du chanteur français Frédéric Marqueur qui interprète Brel, une toute jeune chanteuse, elle chante sous le nom de Lara. Quelle voix ! Et oui ! C’était LARA FABIAN !! Mais elle ne reviendra pas…

Je n’oublie pas la venue, à partir du milieu des années 80, de la superbe interprète, CHRISTIANE STEFANSKI qui, par la suite, reviendra très régulièrement m’enchanter, accompagnée par Marc Hérouet, ni les fabuleux et envoûtants concerts du groupe « Presque Rien » entourant MARTINE KIVITS, ni la création, en 86, du spectacle d’Aline Dhavré « Incendie volontaire ».
A cette époque, je profite aussi des auditions publiques organisées à La Samaritaine. J’y découvre le chanteur comédien MARC DE ROY. Il sera immédiatement programmé en 86, alors que la Sama le boude ! La collaboration artistique avec lui, tout comme l’amitié, sera longue.

L’HUMOUR

En mars 80, est programmé un tout jeune mime. Il vient de terminer ses études en éducation physique. Il présente son spectacle « Le sourire au pied de l’échelle ». Son nom :
JEAN LOUIS DANVOYE. Un peu plus tard, il s’associe avec JOSEPH COLLARD pour former le duo « LES FUNAMBULES » dont le premier spectacle est créé ici en 1982 ! Ils se produiront avec beaucoup de succès un peu partout dans le monde avec « Le pied sur la savonnette », « Fic flac » et « Caramba » jusqu’en 1998, année de la séparation du duo. C’est d’ailleurs ici qu’ils se seront ensemble sur scène pour la dernière fois, à l’occasion des 20 ans de la Soupape !

A quelques mois d’intervalle, nous découvrons deux artistes qui feront, par la suite, une très solide carrière. D’abord, lors de la soirée du 3ème anniversaire, en octobre 81, une étrange personne, habillée d’une robe jaune à rayures noires, qui porte un affreux masque avec un très long nez. Elle se prénomme Yolant (avec un t, insiste-t-elle). Son sketch d’une vingtaine de minutes est absolument désopilant. Il s’intitule « Une histoire de sexe et de crime » et débute par la phrase « J’ai trempé dans un crime. C’est moche, hein ! ».
YOLANDE MOREAU reviendra plus tard présenter la suite de son sketch devenu un spectacle complet. Entre temps, elle avait remporté le Festival du rire de Rochefort. Tout le monde connaît la suite. Le théâtre à Paris avec la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, dont elle devient un des piliers (Lapin chasseur et Les Pieds dans l'eau). Puis les Deschiens sur Canal +, ses nombreux rôles au cinéma et… tout récemment son premier film « Quand la mer monte » qui a remporté le César du meilleur film. Ce fut pour moi, lors de la cérémonie des Césars, un tout grand moment d’émotion et de plaisir. Je pensais: « Et dire qu’elle a aussi débuté ici ! »
Anecdote : Je me rappelle qu’elle m’avait expliqué que pour construire physiquement son personnage, elle était tout simplement partie de ce qu’elle était. Elle en avait ensuite souligné et amplifié les caractéristiques.

L’autre artiste qui débute ici, c’est l’étonnant BUNO COPPENS avec ses avalanches de jeux de mots. Je le programme juste avant qu’il ne gagne le prix de la presse et du public au même Festival du Rire. Pendant une dizaine d’années, il reviendra très régulièrement présenter chacun de ses nouveaux spectacles : « Mots de tête », « Raison à vendre », « Mar’mots », « Scènes de méninges ».

Un autre spécialiste du rire fait ses tous débuts lors d’une soirée « Cabaret » en janvier 82. Après une ou deux imitations fort réussies, il commence à interpréter une chanson qui se moque des femmes enveloppées. Après deux ou trois couplets, une spectatrice l’interromps : « C’est honteux, qu’il arrête ! ». Un autre spectateur rétorque : « Mais non, c’est sa liberté ! »… et ainsi de suite, presque toute la salle s’en mêle ! Une nouvelle Muette de Portici ?! Je rallume la lumière. L’imitateur se retire dans les coulisses. Je ne reverrai plus ANDRE LAMY jusqu’en 86, année où il se produira ici après ses succès parisiens, je pense.

Toujours dans le même registre, RICHARD RUBEN, alors qu’il est encore élève à l’Athénée A. Max, présente en 84 quelques imitations lors de différentes soirées cabaret. Ce sera, en 86, aux tours de Taloche et de l’humoriste imitateur Frédéric Lebon qu’on retrouvera plus tard régulièrement avec Laurent Ruquier à la télévision française

En 87-88, je collaborerai avec l’Ecole du Cirque, qui est alors situé tout près de la Soupape, pour y organiser, pendant plusieurs mois, les « Nuits du Sourire ». L’occasion pour moi de pouvoir programmer des spectacles qui nécessitent une plus grande scène.

Parmi les spectacles d’humour, il faut absolument que je cite aussi Pierre Henri, le Magic Land Théâtre, une mémorable soirée avec le Cirque du Trottoir, Kevin Brooking, Angel Ramos Sanchez (Pépé, El Cid, Dali : c’est moi), les frères Taquin, Eric Génicot (Eliott),…

Dans le troisième épisode, seront abordés les découvertes en «Théâtre », mais aussi les Festivals, les Concours, l’Ecole de la Chanson (actuellement les Ateliers Chanson).
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Les années 80 suite et fin

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:39

Les DECOUVERTES en Théâtre - ET MOI ET MOI ET MOI…?!! - Les FESTIVALS, les CONCOURS - L’ECOLE DE LA CHANSON FRANCAISE (actuellement : Les Ateliers Chanson) - LES AUTRES LIEUX – LA CRITIQUE – PETIT BILAN (1978-1990)

Dans l’épisode précédent, j’ai parlé de quelques découvertes faites par la Soupape en chanson et en humour, en voici maintenant quelques unes faites en THEATRE.

Après son premier spectacle solo « Hello Joseph », le formidable comédien YVES HUNSTAD vient créer en juin 84, un deuxième spectacle intitulé « La terre à l’envers ». Lors de sa reprise au mois d’octobre, il change de titre : « GILBERT SUR SCENE ». Un spectacle absolument inoubliable et fabuleux qui marquera la scène théâtrale et qui sera joué, pendant une dizaine d’années, un peu partout dans la francophonie.
Anecdote : Je me rappelle qu’un quart d’heure avant le début du spectacle, lorsque je m’adressais à Yves, j’avais déjà Gilbert en face de moi. C’était Gilbert qui me parlait avec son accent et non plus Yves qui pour aplatir ses cheveux frisés avait porté sur la tête une sorte de filet !!
En septembre 87, il viendra présenter ici son troisième spectacle tout aussi extraordinaire: « LA TRAGEDIE COMIQUE ». Autre très grand moment de la Soupape : la reprise de « HELLO JOSEPH » pour une série de représentations en avril puis à nouveau en mai 88. Quel bonheur !
Lorsqu’il jouera dans les années 90, pour la dernière fois à Bruxelles, ses deux derniers spectacles au Théâtre National, il sera ovationné par un public debout !
Pour les 15 ans de la Soupape, en 93, il nous fera l’amitié de reprendre « Hello Joseph » et pour les 20 ans, il viendra faire une lecture d’un nouveau projet. Malheureusement, l’ébauche de ce nouveau spectacle ne verra pas le jour.

Un autre comédien, ALAIN MONTOISY, vient créer à son tour, en février 85, un seul en scène : l’excellent « Photos de famille ». Je ne compte plus le nombre de fois qu’Alain Montoisy est venu jouer et rejouer ce spectacle pendant une quinzaine d’années, de même que son second, « Ellebore » créé ici dans sa version café théâtre en juin 91.

Etonnante AGNES LIMBOS ! Après son seule en scène « Vous tombez bien » présenté une première fois en août 83, puis en novembre 85, elle reviendra créer ici sa « Balade orpheline » en 87, puis, en 92, « Le sourire du fou ou l’adieu aux armes » en avant première du Bota.

En janvier 87, le spectacle « Accrochage » révèle une extraordinaire comédienne : VERONIQUE CASTANYER. Vu son succès, ce spectacle sera repris deux fois au cours de la même année avant d’être joué ensuite à la Sama ! Je me souviens lui avoir dit : « Tu devrais absolument faire un spectacle seule en scène ». Deux ans plus tard, Véronique Castanyer viendra créer son tout premier spectacle solo « Je suis désolé » en février 89, mis en scène par Francy Bégasse. C’est ici qu’auront lieu, par la suite, pratiquement toutes ses créations. J’en parlerai plus loin.

Un autre très grand moment de plaisir de cette période, c’est la création bruxelloise du « Cabaret Offenbach » par PIERRETTE LAFFINEUSE et PATRICK WALEFFE, en juin 87. Patrick Waleffe dont nous avions déjà pu apprécier et apprécierons encore à plusieurs reprises les talents de comédien, de chanteur, de musiciens et de metteur en scène. Quelques mois plus tard, nous les retrouverons dans leur « Cabaret Opéra » et en 90, Pierrette Laffineuse viendra créer ici son récital de chansons coquines « Tellement Innocente ».

Durant cette décennie, de nombreuses compagnies théâtrales, parfois d’amateurs, viennent également jouer des pièces :
Ghelderode (Escurial), Molière (l’Avare mis en scène par Ralph Darbo) , Musset (avec notamment Victor Sheffer et Alfredo Canavatte), Jean Tardieu (les Diablogues avec l’explosive Léonce Wappelhorst, découverte dans un super spectacle Brecht, qui, jouant en maillot de bain, avait précisément oublié de se faire le…maillot !), H. Pinter, J. Cocteau, S. Guitry, Dumas fils (avec notamment Bernard Lefrancq et Michel Poncelet juste sortis de l’Académie!), P.Handke (Outrage au public), F. Arrabal, R. de Obaldia, E. Albee (Zoo), Ionesco, E. Wilwerth (avec Viviane Collet), P. Vrébos (Cyclochoc, Réincarne toi Polycarpe), Karl Valentin,…

ET MOI ET MOI ET MOI…?!!

Quelques années après l’ouverture de la « Soupape », l’envie de remonter sur scène me reprend. J’ai un lieu, pourquoi ne pas en profiter ?

L’idée germe avec quelques amis (Isabelle Rigaux, Walter Corten, Paul Huygens, Bénédicte Debatty,...) de créer une troupe propre à la Soupape. Nous montons alors « Les Précieuses ridicules » de Molière, en juin 80 (repris deux fois), puis « Les Exercices de Styles » de R. Queneau, sous forme de comédie musicale ! La mise en scène est assurée par Michel Guillou. Cela chante, cela danse,… un très beau succès en juin 81. Pour l’occasion, nous construisons une vraie scène surélevée. Il n’y en avait pas encore !

Ensuite, la troupe Athalyc renaît de ses cendres et nous montons en 1984, « La Colonie » de Marivaux, mise en scène par Henri Billen. La pièce sera d’abord jouée aux Riches Claires.
Puis, pour la nième fois, je reprends, en 85, « Un Léger accident » de James Saunders ! Cette pièce, créée en 1969, alors que j’étais encore étudiant, sera également jouée à L’Os à Moelle et aux Riches Claires. J’y joue toujours ce personnage hautain, un peu idiot, qui me va comme un gant ! Au fait, pourquoi ne pas encore la reprendre aujourd’hui ? Une toute dernière fois…

Les FESTIVALS, les CONCOURS, les RADIOS,…

Mon envie de promouvoir et de défendre les chanteurs s’exerce tout azimut que ce soit à l’occasion de Festivals, de concours ou à la radio.

C’est ainsi qu’en plus de La Soupape, je participe activement à l’Asbl Voix Voies, dont je suis aussi administrateur et ce pour l’organisation des FESTIVALS « NOTRE CHANSON ».
Il y en aura quatre. Le premier, en 82, au Passage 44, le deuxième, en 83, à Seraing (un flop !) et les deux suivants au Botanique, en 85 et 86. Chacun d’entre eux est une sorte de vitrine de la chanson belge du moment.
J’y propose régulièrement la programmation de chanteurs révélés par la Soupape. A l’occasion de l’un d’eux, je me rappelle avoir dû me battre pour que soient programmés Marc Lelangue et Marc de Hollogne. Car chaque fois que j’en découvre un, j’essaye, dans la mesure de mes petites possibilités, de l’aider comme je peux. Parfois aussi, des organisateurs me contactent pour avoir des avis, des tuyaux.

Au fil de ces festivals, en plus des chanteurs belges, nous programmons également des chanteurs français : Romain Didier, Jean Louis Mahjun, Melaine Favennec, Dick Annegarn,… Malheureusement, dans le conseil d’administration de Voix Voies se trouve un représentant du Botanique. Si bien qu’il nous piquera l’idée de ce Festival et, après nous avoir écarté, il la reprendra à son propre compte…! Ainsi, les années suivantes, il organisera ce qui deviendra pendant quelque temps le « Festival d’été » et ensuite « Le Bota fait sa rentrée ».

A l’époque où la Fondation Brel organisait des concerts au Passage 44 avec certains chanteurs français, je conseillerai régulièrement à France Brel certains chanteurs pour faire les premières parties.
A un certain moment, je recommanderai même des humoristes au Festival du Rire de Rochefort.

Pour les Fêtes Romanes organisées à Woluwé St Lambert, je suis invité, de 83 à 85, en tant que membre du jury, au CONCOURS DE LA CHANSON. Ici aussi, je viens « supporter » les chanteurs que je connais par la Soupape. La plupart d’entre eux remportent des prix : Aline Dhavré, Anne Bernard, ZO, Pascal Charpentier, Philippe Tasquin, Bernard Delpierre, Hughes Maréchal. J’y côtoie pour la première fois des personnes comme Camille Herremans, Pierre Collard Bovy,… que je retrouverai 10 ans plus tard dans le jury de la Biennale de la Chanson française !

Je participe aussi régulièrement à deux émissions de RADIO sur Radio AIR LIBRE : le « Petit cheval de bois » animée par Marc Gilmant et Pierre Dusart et ensuite « Chants libres » animée par Philippe Dechambre, Jean Philippe Cambie et Jean Philippe Delobel. Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’y amène un chanteur ou une chanteuse pour des interviews : Maurane, Angélique Ionatos, Claudine Dailly,…
Des chanteurs de la maison sont aussi envoyés à des émissions radio et télé de la Rtbf comme Couleur Nuit (Pierre Collard-Bovy), Carrefour, les Feux de la rampe (Roger Simons). Ce dernier viendra enregistrer ici une de ses émissions avec comme invitée l’actrice française de cinéma, Marie Dubois.
Télé-Bruxelles vient aussi filmer des extraits de spectacles ou de concert.

L’ECOLE DE LA CHANSON FRANCAISE
(actuellemment : Les Ateliers Chanson)

L’histoire de La Soupape est très étroitement liée à celle des Ateliers Chanson, appelés lors de sa création « Ecole de la Chanson française ». C’est avec l’aide de la Commission française de la culture (la CFC, aujourd’hui la COCOF) qu’ ANGELE GULLER, surnommée « Madame la Chanson », ouvre cette école en septembre 1983. Animatrice d’une célèbre émission à la radio, à l’époque de l’INR, intitulée « La vitrine aux chansons », dans les années 50-60, elle avait créé en 1963, les Jeunesses de la Chanson. Pendant de très nombreuses années, elle écrira une chronique sur la chanson dans l’hebdomadaire le « Pourquoi pas? ». En 1978, elle rédigera une superbe bible sur la chanson intitulée « Le 9ème Art ». Certains devraient la lire aujourd’hui, elle est toujours bien d’actualité et fort riche en enseignements !

Parmi les professeurs, rien que du beau monde : Arnould Massart, qui sera le pianiste et l’arrangeur de Maurane, Walter Corten, qui deviendra prof au Conservatoire et à l’ULB, la chanteuse Ann Gaytan, le pianiste Alain Rochette, la comédienne Janine Patrick, qui, adolescent, m’avait ébloui au Théâtre National dans la Mouette « Je porte le deuil de moi-même…»,…

Chaque année, le spectacle de fin d’année est présenté à la Soupape et je m’attache à programmer très régulièrement certains élèves qui en sont sortis : ZO, Hughes Maréchal
(devenu plus tard professeur aux Ateliers), Bénédicte Davin, Georgia Valmont, Pierre Léonard, Sylvain Goldberg (actuellement producteur),…

Après qu’Angèle Guller ait décidé de quitter l’Ecole à la fin de la saison 86-87, cette dernière risque de fermer ses portes. Pendant un an, j’essayerai tant bien que mal de reprendre le flambeau pour sauver l’école et ce avec la chanteuse Claudine Dailly, la fille d’Angèle Guller.
Après une réunion avec des responsables de la Commission française (CFC), la Soupape est officiellement chargée d’en reprendre l’organisation. Une subvention lui sera désormais versée pour la gestion et le paiement des professeurs et les cours sont donnés ici.

L’école change aussi de nom, elle s’appelle désormais « Ateliers de la Chanson ». Le terme « Ateliers » est choisi avant tout pour créer une rupture avec le passé, mais aussi car c’est un terme plus moderne que le mot « école ».

Pour la rentrée de septembre 88, je fais venir quelques nouveaux professeurs.
Les élèves suivent successivement trois ateliers différents avec trois profs d’interprétation :
Ann Gaytan, Claudine Dailly et enfin Martine Kivits. Parmi les élèves : Bruno Huisman, Audrey Englebert, Bernard Polet (il animera plus tard l’émission « Télécinéma » à la Rtbf).

Pour la saison 89-90, certains élèves, en plus des nouveaux, continuent à suivre une 2ème année avec Martine Kivits, devenue la principale professeur d’interprétation avec Jean Luc Fafchamps au piano. Parmi les élèves : Jean Claude Dubiez, Tom Berryl (Goldschmit), Ch. Leboutte, Marcel De Mun, …
Pour le spectacle de fin d’année, comme il manque une voix de basse pour les chœurs, j’en profite pour monter sur scène !!

Mais à partir de la rentrée de septembre 1990, il y aura de gros changements (à suivre…)


Dernière édition par le Mar 16 Oct - 9:43, édité 1 fois
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Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:42

LES AUTRES LIEUX

En 1978, à l’époque de l’ouverture, quelques « petits lieux » existent à Bruxelles. Le plus connu est le Grenier aux Chansons tenu, pendant 20 ans, par la mémorable Jane Tony. Celle-ci y accueille des chanteurs et des humoristes. On peut y rencontrer Claudie Claude (Maurane), Marc Herman, Isabelle Rigaux, Ann Gaytan,…Ils sont généralement programmés les vendredis et samedis pendant un mois, tandis que les dimanches sont réservés aux « nouveaux » auxquels Jane prodigue ses conseils. Le Grenier fermera ses portes en 1981 avec la disparition de Jane qui avait près de 80 ans. Il y a aussi le Clap et l’Os à Moelle à Schaerbeek, les Quatre Saisons à la porte de Namur…

Au début des années 80, s’ouvriront quelques nouveaux lieux : le Lapinsky à St Gilles, l’Estrille au Sablon, l’Escapade à Schaerbeek, ensuite le Ti-Roro, l’Intemporel, le Cancan.
J’aiderai certains responsables de ces lieux en leur faisant part de ma petite expérience, tant sur le plan de l’organisation que sur les artistes. Ainsi pour l’Escapade, durant sa première année, je ferai même sa programmation, en même temps que celle de la Soupape ! Malheureusement, lorsqu’il n’aura plus besoin de moi, je ressentirai vite de sa part une espèce de concurrence, une rivalité fort peu sympathique !
Par contre, les relations avec d’autres, comme l’Estrille ou le Lapinsky, seront des plus cordiales voire amicales. Avec eux, existe une très chouette collaboration, nous nous recommandons les artistes.

Il y aura aussi l’Albatros, noyauté par des scientologues (83). Je me rappelle avoir reçu la visite d’un des responsables me signifiant que j’étais devenu une personne « suppressive » (!) car j’avais mis en garde certains chanteurs de l’appartenance de certains responsables à cette secte. Il m’a même menacé de chantage, si je ne me taisais pas !

En Wallonie, je citerai les Forges à Liège, les Six cordes à Esneux, le Coq d’Aousse à Marcinelle,…

En 1985, s’ouvre l’Enfance de l’Art qui, après huit mois, change de nom pour s’appeler
« La Samaritaine », un nouveau nom que je me rappelle lui avoir suggéré. Une fois encore, je donne, au début, un sérieux coup de main pour la programmation. Je me souviens y avoir même fait la régie pour certains chanteurs !

Les relations avec la Samaritaine sont très bonnes. Durant les premières années, la plupart des artistes créent d’abord leur spectacle à la Soupape durant un ou deux soirs et par après, ils vont se produire à la Sama pour une plus longue série. Après quelques temps, « Huguette de la Sama » (tout comme on dit : « Michel de la Soupape » !) constatera que, pour la chanson, sauf exceptions, le système des séries ne marche pas très bien. En effet, la chanson n’attire pas assez de public pour remplir une salle durant toute une semaine. Il est vrai qu’il est plus coutumier de voir un chanteur faire un concert seulement un ou deux soirs. Ce qui n’est pas le cas en théâtre.

Début 88, je collabore avec elle ainsi qu’avec l’Asbl Voix Voies et la revue Une Autre Chanson, pour l’organisation du « Mois de la chanson » dans les deux lieux.
Après quelques années, la Sama programmera moins de chanson, mais de plus en plus de théâtre. A son tour, la Sama découvrira ses propres artistes, comédiens et musiciens. De nombreux comédiens y deviendront des habitués de la maison. De cette manière, les deux endroits se complèteront mieux.
Néanmoins, le jour où je découvrirai cette pub faite par la Sama : « L’endroit UNIQUE à Bruxelles où le spectacle est VRAIMENT de toute première qualité », cela ne me fera pas particulièrement plaisir.


LA CRITIQUE

J’ai souvent été profondément agacé à la lecture de certaines critiques dans la presse. En effet, ce que le journaliste écrit est régulièrement présenté comme étant LA vérité objective, alors que ce n’est souvent que l’expression de ses propres goûts personnels, une vision essentiellement subjective. Quelle inhumanité aussi de certains qui ont l’air de prendre un malin plaisir à démolir des artistes ou des spectacles. Je me rappelle que certains artistes ont mis parfois des mois avant de s’en remettre. Catherine Degan, dans les années 80 et Christel Prouvost, dans les années 90, étaient deux grandes spécialistes de ce massacre dans le journal Le Soir !

Ainsi, suite au Festival « Notre chanson » de 1986 au Botanique, le journal le Soir, sous la plume de Catherine Degan, fustige une partie de la programmation à laquelle j’ai participé :

« La soirée au Café-théâtre, entièrement confiée aux bons soins de la Soupape, tomba, à maints égards, dans l’amateurisme et la complaisance si bien évités pour le reste de la programmation. (…) les artistes s’y alignent presque comme un crochet à usage des familles. »

Je suis à la fois fort touché et en colère. Je lui écris donc, dans le programme périodique, une lettre ouverte qui corrige certaines erreurs de sa part et qui dénonce sa subjectivité et sa propre complaisance vis-à-vis de certains de ses amis chanteurs pour lesquels elle écrit elle-même des textes, etc …
Bien mal m’en a pris. A partir de ce moment-là, le journal Le Soir n’a plus jamais fait de « chapeau » pour les annonces des spectacles et des concerts de la Soupape.

Fort heureusement, je reçois, en réaction à ma lettre, un courrier du musicien, José Bedeur. Cela me réconforte.

« J’estime que ta lettre, par ailleurs remarquablement élégante, fait preuve d’un beau courage. Enfin, me dis-je, quelqu’un qui ose s’opposer ouvertement à cette pontife ! Depuis les années que j’observe cette dame à travers ses écrits, j’ai noté une énorme suffisance, une sorte de masturbation auto-satisfaisante basée, néanmoins sur une culture certaine. Mais il y a différentes façons d’être cultivé : On peut tirer de ce que l’on apprend une belle modestie, on peut aussi tout considérer en fonction de son nombril et c’est, peut-être inconsciemment, ce que fait Degan. N’est bon que ce qu’elle aime, ce qui la fait briller, ce qui la flatte ou la paie (…) »

En 1991, Claude Semal rédige un article virulent dans ce même journal intitulé « Eloge de la critique » :

« O, aimables procureurs, exégètes en tous genres, qui êtes-vous donc pour nous juger du haut de votre médiatique fauteuil ? (…) Je n’aimerais certes pas être à votre place : comment juger « objectivement » un spectacle? (…) La liberté de la presse, qui devait garantir à chaque citoyen le droit à la parole, n’engendrera-t-elle donc que cette molle dictature : abandonner à un ou deux de vos confrères le droit de vie ou de mort sur tout ce qui se dit ou se chante dans ce pays ? (…) Vous faites, ô critiques, un métier impossible. Ne nous le rendez pas, en plus, insupportable. »

PETIT BILAN (1978-1990)

L’événement de la fin de ces années 80 est la célébration, en 1988, du 10ème anniversaire de la Soupape avec pendant 2 mois une trentaine d’artistes de la maison. Nous faisons un premier bilan : « Plus de 800 soirées, plus de 500 artistes et spectacles différents. Quelques 25.000 spectateurs. (Ah ! Si je devais compter aujourd’hui…!!) »
A cette occasion, la Presse nous gâte. Il est vrai que depuis quelques temps elle nous a un peu oublié…Une page entière dans Télé Moustique, dans The Bulletin et dans Une Autre Chanson.

Lorsque je repense à cette première décennie, j’éprouve de la nostalgie pour toute cette succession de moments uniques et éphémères d’intense plaisir, voire de bonheur. Des instants qui ne se reproduisent malheureusement pas. Mais c’est la loi du spectacle...

En examinant la programmation, je constate aussi qu’au fil des années, le nombre annuel des spectacles et des concerts différents a diminué. Il est passé progressivement de 60 à 30/40 par an. La raison est simple : au début, un chanteur ne produisait qu’un seul soir alors que par la suite il se produira, de plus en plus souvent, deux soirs au lieu d’un seul. Par ailleurs, en théâtre, une pièce est souvent représentée deux fois au minimum.

Le prochain épisode couvrira les années 90. Je parlerai de la coexistence entre ma vie au bureau, la journée, et ma vie à la Soupape, le soir. Pour celle-ci j’aborderai la programmation, avec en théâtre, les spectacles qui m’ont marqués, les coups de cœur, l’aventure Don Quichotesque et avec en chanson, les chanteurs que j’ai découverts.
Je poursuivrai aussi l’histoire des Ateliers Chanson, je parlerai de la Biennale de la Chanson, sans oublier toutes sortes de petites anecdotes,…
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Les années 90 - Coups de théatre

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:46

LE THEATRE - ET MOI, ET MOI, ET MOI… (Don Quichotte) !!?

Durant les années 90, le théâtre va petit à petit prendre plus de place dans la programmation.

En 91, après « Je suis désolée », la formidable VERONIQUE CASTANYER vient créer son nouveau spectacle « C’est monstrueux », mis en scène par Francy Bégasse. Suivront ensuite, les créations, ici même, de « Sauf la vie » en 94, de « Opéra Casta » en 96 et de « Solidarité » en 99.

Toujours dans le seul en scène, c’est Jean Luc Piraux qui, en janvier 92, interprète « Jean et les gens » et, en octobre 94, « The King ». Il reviendra en 99 et 2001 avec son spectacle « Piroteries ».

En janvier 93, Anne Marev, Françoise Oriane et Arlette Schreiber viennent jouer la pièce
« Inventaires » de Philippe Minyana dans une mise en scène de Pierre Fox. Grand moment d’émotion : Chez moi, dans ma petite Soupape, ANNE MAREV !
Celle qui pendant tant d’années a été LA comédienne du Théâtre National, celle qui me faisait rêver lorsque j’étais gamin. Combien de fois ne l’ai-je pas vue jouer sur cet immense plateau du National ? Et puis aujourd’hui, la voir toute traquée dans mon salon qui sert de loge, alors que, rentrant de mon bureau, je commence à manger et qu’elle me demande : « Alors, qu’est ce que tu manges, ce soir ? ». Arlette Schreiber, aussi. Je la vois encore très bien dans « L’irrésistible ascension d’Arturo Ui » de B.Brecht. Et l’adorable Françoise Oriane !
Pour ce spectacle, grande innovation : la pièce sera jouée pendant trois semaines entières ! Parmi les spectateurs presque tous les acteurs de théâtre bruxellois. Parmi eux : Suzy Falk, Philippe Volter, Jacqueline Bir, Bobette Jouret,…
Tous réunis dans ma petite Soupape !! Je suis quand même un peu fier !

Autre grand moment : la création du spectacle « Docteur Jeckyll et Mister Hyde » d’après R.L.Stevenson, mis en scène par Claude Enuset et interprété par l’excellent MARC DE ROY en mars 94 et repris en mai 97. Ah ! Cette ambiance lourde, cette atmosphère…et cette musique !

Et puis toutes ces formidables chansons dans cette version courte de l’ « Opéra de Quat’sous » de B.Brecht interprétées par Patrick Waleffe, Pascale Vyvère, Pierre Géranio et Gaëlle de Crombrugghe en mai 94. Un régal ! Dommage que le spectacle n’ait pas pu être monté dans son intégralité.

La deuxième partie des années 90 est particulièrement riche en spectacles de théâtre. Ils se multiplient. Alors que jusqu’à présent, la Soupape n’ouvrait généralement que les week ends, des séries de trois jours ont parfois lieu pour le théâtre. J’en cite quelques uns qui m’ont marqué :

Dans le cadre des ATELIERS CHANSON, Patrick Waleffe monte des spectacles joués et chantés absolument mémorables :
- « La Périchole » d’Offenbach (avril 93) avec notamment N.Delattre, N.Stas, V.Sonneville, Anne Van K., Mousse,…
- « Mistero Buffo » de Dario Fo (avril et sept. 95) avec notamment Frédérik Haugness, Chantal De Bodt, Katalin Vital…et la formidable Isabelle Fontaine au piano.
- « Mahagony » de B.Brecht et K.Weill (mai 96) avec notamment D.Hurdebise, Régine Galle, Noria, Vincent Raoult,…
En me remémorant ces spectacles, je me rends compte que ce sont ceux qui allient à la fois le chant et le théâtre qui m’apportent les plus grands plaisirs !

- La création de la pièce de Pierre Géranio « Espace Paradis » interprétée aussi par Philippe Martin. Un huis clos à la fois comique et oppressant où le ventilateur du fond de la scène joue pour la première fois un rôle important ! (Novembre 94 et la reprise en mars 95)
- La toute première des « Souffleurs aux gradins » avec leur spectacle d’improvisation en janvier 95, puis en avril et enfin une dernière fois en janv. 96.
- La pièce hilarante « Epousailles » avec Michel Hinderycks et Marie Hélène Remacle en février 95.
- « Les Fabliaux érotiques » interprétés par Sandrine Bonjean, Nathalie Stas, Nathalie Hanin, Michel Hinderyckx (encore lui !) et Laurent Renard. Que du beau monde !
- Puis le fameux spectacle de Benoit Verhaert et Vincent Raoult « Badineries » aux mois de juillet et de novembre. Mais en était-ce la création ? Je pense bien.
- Ah ! Ces « Divas in furore » avec Nathalie Borgomano, Diana Gonnissen,…en décembre avec une reprise en avril 96. Quel bonheur !

COUP DE THEATRE au mois de janvier 1996 !
Un soir, en pleine répétition, un agent immobilier sonne à la porte : « Je viens pour la vente de la maison ! » : Les propriétaires, sans même m’avoir prévenu, avaient décidé de vendre la maison. Je dois m’asseoir ! La tête me tourne. Catastrophe. Fini la Soupape !
Que vais-je faire ? Chercher un autre lieu à louer ? Tout recommencer à zéro après bientôt 20 ans ? Je n’en aurais pas le courage. Après plusieurs jours de réflexion, d’avis et de conseils donnés par les amis, je me rends à l’évidence : La seule solution est de racheter moi-même la petite maison qui héberge la salle. Je regarde l’état de mes finances : pas terrible. Il est vrai que comme je travaille à mi-temps dans mon bureau, je n’ai évidemment pas fait de grosses économies ! J’ai bien fait, il y a une dizaine d’années, un petit héritage d’une vieille tante… Je me fais alors la réflexion suivante : Comme tout le monde, aussi bien les spectateurs que les artistes, me déclare très régulièrement que la Soupape, c’est vraiment super, pourquoi ne pas leur demander un petit soutien, une petite aide sous forme de prêt, voire de don ?
Le résultat est extraordinaire. En quelques semaines, près d’un million de francs est récolté en prêts ou en dons ! Quel merveilleux soutien ! Qu’aujourd’hui, ils en soient encore tous remerciés ! Quelques mois plus tard, la Soupape pouvait continuer d’exister !

Au même moment, Patrick Waleffe crée « L’homme à trou faire (le retour) ».
En mars, une adaptation du roman de l’auteur algérien Rachid Boudjera, « L’escargot entêté », est créée par le comédien Frédérik Haugness.
Quand il avait 16 ou 17 ans, ce dernier venait régulièrement en spectateur. Il m’avait dit être fort intéressé par le théâtre au grand désespoir de son père qui l’accompagnait. Celui-ci le voyait plutôt faire des études universitaires ! Je lui ai alors suggéré d’en faire l’expérience en s’inscrivant à l’Académie chez Bernard Marbais. Il s’est révélé avoir beaucoup de talent et après sa sortie de l’IAD, il ne cessera de jouer dans tous les théâtres bruxellois…!

Au mois d’octobre 96, Pierre Johnen vient jouer sa pièce « Recensement » avec Gaelle de Crombrugghe puis, un an après, une reprise avec la chanteuse-comédienne Anouk.

Je n’oublie pas l’humoriste ZIDANI avec « La petite comique de la famille » (en 92 et 96)

Pour l’année 1997, je pointerais quelques spectacles :
- Au mois d’octobre, « Les Fléaux » avec Samuel Tilman et Fabrizio Rongione qui jouera plus tard dans plusieurs films, avec parfois des rôles importants (Rosetta, L’Enfant et plusieurs autres films belges, français ou italiens).
- Puis « Nos monstres », un spectacle musical de Bruno Huisman avec Patrick Waleffe, Nathalie Stas, Marc De Roy, Manuela Ammoun et Bernard Brandes en novembre.
- Et enfin l’hilarant « Etats de couple » avec M. Hinderycks (toujours lui !) et Catherine Swartenbroekx en décembre 97, avec une reprise en 2000.

Commence alors une courte, mais bien agréable tradition qui durera quatre années : la programmation de Repas Spectacles pour les réveillons.
- Avec en 1997, « Le monte plats » de H.Pinter avec Philippe Martin et Pierre Johnen (mise en scène : Claude Enuset).
- En 98, avec un spectacle Labiche : « Les deux timides » et « Embrassons-nous Folleville » avec Colette Sodoyer, Nathalie Stas, Pierre Johnen, Philippe Martin et Laurent Renard (mise en scène : Claude Enuset).
- En 99 : « Mathieu trop court, François trop long » avec Pierre Hardy et Philippe Martin.
- Et enfin en 2000 l’ultime et dernière reprise de « Photo de famille » de et par Alain Montoisy.
Chaque fois les excellents repas sont préparés par Reine, la maman de Nathalie Stas, sauf pour le dernier réveillon : Je m’y mets moi-même ! Un « waterzoi » qui s’est révélé être plutôt dégueulasse !!! Mais l’ambiance était chouette !

Durant l’année 99, après les festivités du 20ème Anniversaire qui dureront presque un an (voir plus loin), quelques spectacles :
- La nouvelle création d’un vieil habitué, Jean Louis Danvoye : « To see or not to see » (juin) qui sera repris en 2000.
- Un super spectacle Feydeau « Duo à trois » joué et chanté par Valérie D’Hondt, Valéry Bendjilali (qui fera aussi les Ateliers Chanson) et Sébastien Kempenaers dans une mise en scène de Michel Guillou qui revient ainsi à la Soupape 18 ans après les « Exercices de style » (mars et sept.).
- La « Serva padrona » un mini opéra d’après Pergolese accompagné par un orchestre de chambre et interprété par Diana Gonnissen et…SHADI TORBEY ! Celui-ci sera plus tard l’un des grands finalistes, en chant, du Concours Reine Elisabeth !!
- Et enfin la création en novembre 99 de « Nuages au nord, soleil au sud » de Nedjar Djavadi avec Françoise de Gottal et Laurent Verrellen. Celui-ci reviendra jouer dans un spectacle Vaclav Havel en nov. 2006.

Ce que je trouve passionnant, c’est de pouvoir assister aux répétitions qui ont parfois lieu ici pendant plusieurs semaines. Parfois je fais une suggestion, donne un avis, crée les éclairages, d’autant plus que pour la plupart d’entre eux, je fais la régie. De cette manière, je participe un peu à la naissance d’un spectacle, à sa création, j’y joue un rôle actif. Et j’adore cela. Je ne fais pas qu’accueillir des spectacles ou des chanteurs. D’ailleurs, lorsqu’une pièce est répétée et créée à la Soupape, on parlera parfois de « coproduction ».

ET MOI ET MOI ET MOI…?!! (suite)

A force de voir des chanteurs, l’envie de découvrir ce que c’est de « chanter » me titille peu à peu ! Au milieu des années 80, je m’inscris à un stage de voix avec le fameux Serge Wilfart. Une révélation ! Je découvre ma voix chantée ! Quelle sensation extraordinaire ! De plus, j’ignorais tout à fait que j’avais des « basses », comme on dit. Je me rappelle marchant dans les couloirs de cet ancien monastère où avait lieu le stage. Je chante des « Ah…» sonores et puissants qui résonnent sous les voûtes ! C’est la première fois que j’entends cela ! Un sentiment inconnu de grande force m’envahit tout entier !
Cela me donnera l’envie de poursuivre et de faire, pour le plaisir, un travail de la voix. J’irai, pendant deux ans, chez un professeur particulier.
Puis, quelques années plus tard, poursuivant ma petite exploration, je vais suivre un stage de clown. Génial !
Ensuite, à l’occasion d’une soirée cabaret, je prendrai un énorme plaisir à me parodier et à me moquer, en clown, de mon propre personnage de « directeur » de café-théâtre !
A l’occasion de fêtes d’anniversaire, avec la chanteuse Anouk, je me lancerai à interpréter quelques duos, comme : « Alabama Song » de K.Weill, « L’amour est enfant de Bohème » de Bizet, ou encore « L’hymne à l’amour »,…! Un très grand plaisir !

Tout cela me donne envie de remonter sur scène. La dernière fois, c’était en 1985 avec « Un Léger accident ».

C’est ainsi qu’un jour de 1992, grâce à certaines nouvelles rencontres, un nouveau projet naît. Un grand projet. Ambitieux, difficile : Monter une adaptation de DON QUICHOTTE avec les chansons de « L’Homme de la Mancha » ! Ce spectacle que j’avais vu au Théâtre de la Monnaie interprété par Jacques Brel plus de 20 ans auparavant était resté gravé dans ma mémoire. La réalisation d’un rêve ! « Rêver un impossible rêve » !

Je commence donc par en écrire une adaptation. Marc De Roy, Anouk, Victor Sheffer et moi, nous nous réunissons pour une première lecture. Cela tient la route. Il nous faut maintenant trouver un metteur en scène. Ce sera Axelle Marique. Pour l’accompagnement des chansons, il faut un pianiste. Ce sera Marie Guy. Nous commençons les premières répétitions. La mayonnaise ne prend pas bien. C’est la cata. Problèmes avec la pianiste et la metteuse en scène.
Pour l’accompagnement de certaines chansons, on décide alors de prendre plutôt un accompagnement enregistré, tandis qu’Anouk jouera du piano pour les autres chansons.
Marc De Roy sera Sancho, Anouk jouera Aldonza, Victor Sheffer sera le patron d’un bar et moi-même…Don Quichotte !! Excusez du peu !!

Patrick Waleffe reprend la mise en scène. Il a plein d’idées géniales. L’espace de jeu est tout à fait modifié. Toute la salle est utilisée. Nous allons jouer partout, mais principalement au milieu de la salle devant le bar. Les spectateurs se font face. Les uns sur la scène, les autres, de l’autre côté. La première scène du spectacle a lieu près de l’entrée. L’âne et le cheval Rossinante sont remplacés par deux vélos ! Un petit et un grand. Sancho sur le petit et Don Quichotte sur le grand ! Lorsque la lumière s’allume, tous deux chantent en pédalant ! « Ecoute-moi, pauvre monde… ». L’effet sera impayable !

Au cours des répétitions, j’ai beaucoup de difficultés à entrer dans le personnage. J’ai tendance à « fabriquer ». Il est vrai que j’ai toujours fait ainsi. Je dois balayer tous mes « trucs ».
Etre simple, sincère, vrai. Se lâcher. Dur dur. Cela me fait très peur. C’est comme être tout nu sur la scène. Puis un jour, il y a comme un déclic. Je prends du plaisir à lâcher prise. Je ressens même certaines émotions. On me dit que je deviens touchant, que Don Quichotte devient touchant. Je parviens à devenir Don Quichotte ! C’est gagné !

Au mois de novembre, nous présentons deux « Avant premières » devant des amis. Il y a encore du travail, mais les réactions sont très positives. Quatre séries de représentations, soit 16 au total, auront ensuite lieu durant l’année 93.
Le spectacle sera repris pendant six ans ! En juin 94, puis en mai 97 à l’occasion de mes 50 ans, et enfin en juin 98, totalisant près d’une cinquantaine de représentations !!
Je me rappelle d’un soir : toute la salle debout !!

A mon bureau, certains jours, par provocation, il m’arrive de chanter dans les couloirs la chanson de Don Quichotte : « Ecoute-moi, pauvre monde, insupportable monde, c’en est trop, tu es tombé trop bas, tu es trop gris, tu es trop laid, abominable monde, écoute-moi, un chevalier te défie… ». Je fais mon petit effet!

Vu le succès, nous avons voulu, avec une partie de l’équipe, monter un deuxième spectacle : « Ma Fichue Lady », une adaptation chantée que j’écris au départ de la pièce de G.B.Shaw, Pygmalion et de la comédie musicale, My Fair Lady. Anouk y interprète le personnage d’une femme de ménage qui sera transformée en « star » par le patron d’un cabaret. Je me rends compte que je ne suis pas très doué pour l’écriture, de plus je rentre difficilement dans ce personnage autoritaire. Le spectacle sera moins réussi (mars, juin et nov. 96). Il est vrai que succéder à Don Quichotte…!

Dans le prochain épisode, j’évoquerai les fêtes du 20ème anniversaire, je parlerai du concours de la Biennale de la Chanson ainsi que des autres lieux.
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Les années 90 - suite

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:48

LE 20ème ANNIVERSAIRE

Comme pour le 10ème anniversaire à la fin des années 80, l’événement de la fin des années 90 est la célébration, en 1998, du 20ème ANNIVERSAIRE de La Soupape

Pendant presque un an sont programmés des artistes qui d’une manière ou l’autre ont marqué ces 20 premières années, une sorte de BEST OFF qui se terminera par plusieurs week ends festifs. Une formidable année, une de plus, gravée dans ma mémoire !

Des amis. Rien que du très beau monde. Quelle affiche !

Cette année de fête débute en janvier 98 avec le spectacle de VERONIQUE CASTANYER « Désolée, c’est monstrueux » un best off que je lui avais suggérer de faire juste après les festivités des 15 ans, avec ses deux premiers spectacles.
Se succèdent ensuite :
« Photo de Famille » et « Ellebore » (en sept.) de et par ALAIN MONTOISY,
L’hilarant « Tranches d’Europe Express » avec Martine Kivits, Eric Drabs et le pianiste J.L. Fafchamps qui était déjà présent en 1980 !
Les superbes « Divas in furore » qui reviennent pour une ultime représentation.
Le concert « Entre le jour et la nuit » par le duo ANOUK et MARIE SOPHIE TALBOT.
Le tout grand moment avec la venue exceptionnelle de YOLANDE MOREAU pour jouer sa mémorable « Sale affaire ». Je me rappelle qu’elle m’a dit avoir dû spécialement faire ajuster son costume pour l’occasion… car elle avait grossi !
Autre moment exceptionnel : YVES HUNSTAD faisant la lecture d’un nouveau texte digne de Gilbert sur scène. Malheureusement, ce nouveau spectacle seul ne verra pas le jour.
La venue de l’étonnant magicien STANISLAS ainsi que de la comédienne AGNES LIMBOS pour un extrait de son nouveau spectacle.
MARC DE ROY pour un spectacle de chansons en duo ou en trio Anouk et Vincent Raoult.
La merveilleuse CHRISTIANE STEFANSKI accompagnée par Marc Hérouet, Stéphane Martini, John Valck et Poney Gross pendant quatre soirs.
Une ultime série de représentations de DON QUICHOTTE.
En juillet, l’inoubliable toute dernière du duo JOSEPH COLLARD et JEAN LOUIS DANVOYE « Les Founambules » juste avant leur séparation !

Durant tout le mois d’octobre, ont lieu les « Revues des 20 ans » avec une vingtaine d’artistes de la maison. S’y retrouvent certains qui se sont déjà produits pendant l’année auxquels se sont rajoutés : Adrénaline, Bruno Coppens, Pierrot Debiesme, Isabelle Fontaine, Hughes Maréchal, Vadim Piankov, Isabelle Rigaux, Philippe Tasquin, Patrick Waleffe,…

Le public présent à ces revues se rappellera sans doute du chanteur Philippe Tasquin interprétant seul au piano la chanson de Queen, « Bohemian Rapsody », mais aussi des parodies de Marc De Roy, du sketch de Pierre Lafleur sur la Soupape (et sur moi-même !!), et du texte hilarant de Vincent Raoult, « Le sermon des 20 ans » (voir plus loin).

Cette année festive se clôture avec un récital solo de CLAUDE SEMAL, un Best Off de « Pepe » Angel Ramos Sanchez, le spectacle « Badineries » de Vincent Raoult et Benoît Verhaert et le concert de PASCALE VYVERE.
OUF ! Mais que du bonheur !!

QUELQUES CHANTEURS

Parmi les chanteurs de cette fin de décennie, j’ai envie de reparler de trois d’entre eux.
La petite ZOE, tout d’abord. Je dis « petite » car, toute gamine, elle venait ici avec sa maman, la chanteuse Martine Kivits, et elle montait déjà sur scène pour chanter. Ainsi à 13 ans, dans le groupe « L’Ampleur des dégats ».
Alors qu’elle est encore aux Ateliers dont elle sortira en 98, elle présente ici son tout premier mini récital en décembre 97. En octobre 98, elle remporte le 3ème prix de la Biennale Chanson et en janvier, elle revient pour un récital complet, toujours accompagné de J.L. Fafchamps. Devenue choriste de Maurane, elle fera l’Olympia à Paris et le Palais des Beaux Arts, avant d’obtenir un prix Coup de cœur aux Francofolies de Spa en juillet 99. Un concert mémorable où Maurane et M. Kivits viendront la rejoindre sur scène pour interpréter quelques duos. Elle reviendra encore chanter ici en juin 2002 et à l’occasion des festivités du 25ème anniversaire en 2003. Elle y fera avec sa mère de superbes duos improvisés.
En juillet 2006, aux Francofolies de Spa, elle présentera son récital, en première partie de Michel Jonasz, qui s’achèvera par une « standing ovation ». Au mois d’octobre, sortira son premier CD, produit par la maison de disque de Luc Besson !
Tout va bien pour elle !

DAMIEN HURDEBISE : Sorti des Ateliers en 96, cet excellent pianiste participe le même été aux Rencontres francophones de Salon de Provence où il remporte le prix du « Québec ». En mars 97, il chante ici en solo en première partie de Véronique Pestel. Il y reviendra plusieurs fois (mai 99, février 2000,…). Damien obtiendra aussi le 1ier prix du concours « Belle à Chanter » en 98, année de sa première participation aux Francofolies Spa en première partie de Thomas Fersen.
Mais sur scène, il est peut-être un peu trop discret. Alors, après avoir côtoyé à Avignon le chanteur Dimitri, il m’a raconté combien il avait été impressionné par la capacité de ce dernier de parler au public entre ses chansons. Cela lui donnait beaucoup de présence sur scène. Ayant retenu la leçon, il a commencé, à partir de ce moment-là, à présenter avec beaucoup d’humour chacune de ses chansons. Si bien qu’en 2002, à l’occasion de la sortie de son CD produit par la Sowarex, il sera à nouveau à Spa pour la première partie de R.Charlebois et il fera un tabac !

PIERRE LAFLEUR : Rencontré à l’occasion des « Petits Enfoirés », ce comédien-chanteur fait un premier mini récital en septembre 97. En 98, il se produit en première partie de Christiane Stéfanski avant de faire, en été, les Francofolies de Spa au même programme que Marc Lavoine. Il revient chanter en novembre 99 avant de présenter en mars et en décembre 2000 ses hilarantes « Chansons délirantes » toujours accompagné aux claviers par le fidèle Patrick Therer. Après sa déception aux Franc’Off de Spa en 2003, il arrêtera temporairement la chanson pour se consacrer avec bonheur au théâtre jeune public.

Je m’en voudrais de ne pas rappeler cette mémorable « Fête à Kivits », en mars 99, sorte de Best Off de sa carrière, sans oublier la création, en juin 99, de ces « Histoires Kurt » avec Anouk, Jean Hilger et Alain Delval. Un fabuleux concert de chansons de Kurt Weill – B.Brecht dans lequel Anouk excelle une fois de plus !

Durant ces années 90, j’accueille encore des CHANTEURS FRANCAIS : Gérard Delahaye, Bruno Brel, Jean Vasca, Marie Josée Vilar, la merveilleuse VERONIQUE PESTEL, Melaine Favennec, Valérie Lou. Mais ils sont moins nombreux que dans les années 80.

Depuis le début de la Soupape, les MUSIQUES DU MONDE (anciennement appelées folkloriques !) prennent également une place assez honorable dans la programmation.
Je citerai les groupes Camanchaca de Chili, Cerrado, Cheiro de Choro, Quetzalcoalt, Los Sevillanos, Kollasuyo, Surmundo,…
Le merveilleux guitariste flamenco Marquito Velez qui se produira ici chaque année de 87 à 91. Les chanteurs Manuel Alcobia, Hamsi Boubeker, Kristen Noguès, Marcella Saftiùc, Marwan Zoueini, Princesse Mansia M’Bila,…

Par contre, J’ai pratiquement abandonné le JAZZ et la MUSIQUE CLASSIQUE, sauf exceptionnellement. Ainsi, je me rappelle de ces « Tableaux d’une Exposition » de Moussorgski interprétés magistralement au piano par Jean-Luc Fafchamps en 91 et plus tard les concerts du groupe «Tangram» avec M.S.Talbot.

D’AUTRES LIEUX

Dans les années 90, beaucoup de petits lieux qui existaient dans les années 80 ont fermés. Par contre des nouveaux lieux se sont ouverts : le « Cabaret aux Chansons » tenu par la charmante Suzanne Ferry, le « Jardin de ma sœur » d’Arthème, le « Théâtre le Café » de Claude Semal, le « Cercle St Anne » d’Alain Baran, le « Café de la Rue » de Marie Noëlle. En province, il y a « Ecoutez Voir » de Jean Lemaire à Stavelot.
Comme précédemment, j’ai des affinités avec certains et la collaboration est très chouette, par contre… je reste assez allergique aux endroits qui ont également une vocation commerciale ! Mais j’entre alors dans le grand débat : Art, Culture et Commerce !!

Dans les années 2000, alors que certains ferment leurs portes, d’autres les ouvrent : « La Dolce Vita » à St Josse, « Le Côté Village » à Uccle et récemment « L’Arrière Scène » à Etterbeek et « Le Petit Chapeau rond rouge » à Woluwé. Parmi d’autres petits lieux, mais qui eux ne programment pratiquement que du théâtre, s’ouvrent aussi « La Clarencière » et « La Flûte enchantée » à Ixelles.

Pour le JAZZ, alors qu’a disparu le célèbre « Travers » de Jules, s’ouvre un nouveau superbe lieu « The Music Village », créé par Paul Huygens. Je me dois absolument de dire quelques mots à son propos. Nous nous sommes connus dans les années 70 dans la troupe de théâtre étudiant Athalyc. Il a ensuite été un des membres fondateurs de la Soupape et a tenu le bar pendant près d’une dizaine d’années. C’est lui aussi qui a conçu pendant plusieurs années la maquette du programme. C’est dire le rôle important qu’il a tenu à la Soupape !
_________________________________________________________________________
Sermon des 20 ans par Vincent RAOULT

(à l’occasion de l’anniversaire de la Soupape en octobre 1998)

Mes bien chères soeurs, mes biens chers frères,
En cette veille de Toussaint où nous allons fêter tous les Saints, n'oublions pas l'un d'eux qui nous est cher : Saint Michel de la Soupape.
Né Michel Van Muylem, il troque voilà 20 ans son patronyme aristocratique flamand contre celui, non moins aristocratique mais plus français, de "de la Soupape". En outre, la Soupape, on sait où c'est, tandis que Muylem...

L'abbé Michel a dédié sa vie à cet ancien car-wash réaménagé en lieu de culte. Son sacerdoce le poussera à affronter tentations et obstacles. Saint Michel sera même amené à terrasser le diable immobilier qui convoitait l'honorable lieu. Après 20 ans, la Soupape est toujours là, défiant les forces du mal, tenant debout comme par miracle.

Pour qui (comme certains d'entre nous) visite la Soupape en-dehors de l'office (qui a lieu comme chacun sait tous les vendredis et samedis à 21h15), l'endroit ne dévoile pas immédiatement ses charmes. Le visiteur qui vient préparer l'office suivant a pris soin de se présenter après 11h du matin car il a en mémoire le précepte de l'abbé Michel: "vous aurez plus de chances entre 11h et 14h ou après 19h".

Père Michel apparaît dans son somptueux peignoir en tissus éponge, la tasse à la main d’où fume une fade chicorée (qui laisse le visiteur espérer vainement qu'il y aura du café).

En privilégié, le visiteur découvre au 1er étage la sacristie du bon père. Celle-ci sert de remise pour une brocante hypothétique ou sans cesse postposée. Au mur, il grattera la poussière pour apercevoir une photo préhistorique de Maurane ou du bon Michel quand il avait lui-même 20 ans. Dans tout l'étage flotte le fumet délicat de la lasagne dégelant au four et avec laquelle le bon abbé enchaînera, sitôt sa chicorée savourée. En arrière-plan olfactif, résiste le parfum tenace de la friture dont la graisse, cette année, fête aussi ses 20 ans. En bas, le visiteur prépare avec les autres son rôle d'enfant de choeur pour l'office de vendredi, s'adressant aux dizaines de verres, bouteilles, paquets de chips et cendriers débordants qui poireautent en attendant Notre-Dame de l'A.L.E.

Vendredi 19h30, Saint Michel arrache sa cravate d'agent double, sort sa queue de cheval, plonge dans son bain pour y accomplir ses rites quotidiens et engloutit sa cinquième lasagne de la semaine tout en créant les effets d'éclairages.

20h30 sa sainteté ouvre les portes du temple en répandant un fin filet de bave pour fermer sa cigarette de Belgam jaune. Les fidèles (le terme est juste) accourent des quatre coins de l'horizon. A commencer par sa sainte mère chargée de linge frais où elle a fait disparaître les auréoles que par humilité le saint homme cache sous les aisselles.

Dans quelques instants, va se produire le miracle hebdomadaire. Le maître des lieux dispose les fidèles dont les fesses découvrent des reliefs aussi surprenant que variés. L'abbé collecte les offrandes dans un ordre... qui lui est propre.

21h15. L'ecclésiastique va commencer sa messe : il débranche la sonnette et récite la première prière s'intitulant: "Prière de ne pas fumer pendant l'office". Il coupe le ventilateur et se glisse derrière son jeu d'orgues. La lumière baisse pour faire place à ce grand mystère, aboutissement d'une cascade de petits miracles.

Miracle ! Les enfants de choeur ont réussi à traverser la cuisine en évitant de glisser sur les rondelles de ron-ron du chat et en enjambant la vaisselle des six dernières semaines.
Miracle ! Ils parviennent à traverser le cabinet de toilette à deux portes et au sol glissant mais moins glissant que l'escalier raide qui suit (car c'est dehors et il pleut).
Miracle ! Ils traversent sans coup férir la remise où menacent ruine les piliers de casiers de Jupiler (personne ne sait pourquoi), ils ouvrent la porte sacrée, reviennent en arrière pour laisser passer un fidèle qui faisait ses dernières ablutions dans le bénitier de faïence qui se trouve derrière la scène. Miracle ! Sans quoi le malheureux fidèle aurait dû, pour regagner sa place, traverser le centre de la scène en interrompant l'office.
Miracle ! Ils réussissent à passer le rideau, à passer le deuxième rideau et à déboucher sur la scène vibrante.
Miracle ! Les projecteurs qui fêtent leurs 30 ans parviennent à éclairer sans se décrocher.
Miracle ! Les micros dont le profil rappelle plus le casque de motard accidenté que le SM58 élèvent les voix vers les fidèles.

Il est grand le mystère de la Soupape. Les enfants de choeur récitent leur credo et chantent les louanges sous l'oeil bienveillant du saint père qui les encourage de temps à autre d'un chaleureux "Hah!".

A l'entracte les fidèles s'agglutinent dans une joyeuse mêlée, façon "Jeux Sans Frontières", afin d'obtenir un calice, et de le ramener le plus rempli possible.

L'office reprend jusqu'au crépitement des menottes des fidèles. La messe s'achève. La sainte mère s'en retourne chargée des auréoles confiées par le saint homme. Les enfants de choeur sirotent leur deux consommations gratuites, en s'apercevant que les fidèles de ce soir sont en fait les enfants de choeur de la semaine dernière, quand ils étaient eux-mêmes parmi les fidèles.

C'est l'heure où le bon père tend son oreille attentive pour la confession de l'un ou l'autre. Il nous écoute sur la scène et dans les coulisses, même si au pape saoul de la Soupape échappe de temps à autre un : "les artistes et leur égo, j'en ai jusqu'à l'auréole".

Qu'importe! Aie pitié de nous, pauvres artistes. Louange à toi, Saint Michel. Nous te rendons grâce et te prions d'être encore là dans vingt années, et pour les siècles des siècles. AMEN!

Vincent RAOULT, octobre 1998.
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Ateliers Chanson-Evolutions de la chanson

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:50

LES ATELIERS CHANSON - EVOLUTIONS

Je reviens maintenant sur l’histoire des Ateliers Chanson qui avait été créés dans les années 80 (voir le 3ième épisode). Un gros morceau. A la fois au niveau de mon investissement personnel et des retombées pour la Soupape.

A partir de la rentrée de septembre 1990, il y a de gros changements…

A la fin des années 80, la Commission française de la Culture est devenue la Commission Communautaire Française (la Cocof). Suite à des changements de responsables, la Cocof décide de ne plus financer la Soupape pour les Ateliers de la Chanson. Sans argent, je ne peux plus continuer. Ce serait la fin des Ateliers. C’est vraiment trop bête. Il me faut absolument trouver une solution.
Comme je suis aussi administrateur de Voix Voies et que l’Asbl a suffisamment de moyens financiers, je propose que celle-ci reprenne financièrement en charge le coût des Ateliers. Cela permet de sauver, à la fois, les Ateliers et du même coup Voix Voies, car cette dernière, elle-même, n’a plus assez d’activités pour justifier ses subsides ! Beaucoup l’ont certainement oublié !

Grâce à ces nouveaux moyens, l’équipe de professeurs peut s’agrandir, le nombre de cours augmenter et la formation devenir plus complète. Il ne s’agissait néanmoins pas d’une nouvelle école comme certains ont voulu le faire croire ! C’était sans doute pour s’enorgueillir de l’avoir soi-disant fondée !

A l’occasion de cette nouvelle saison (90-91), un directeur est même nommé : Henri Goldman. Sous son impulsion les « Ateliers de la Chanson » change de nom : Ils deviennent « Les Ateliers Chanson de Bruxelles » (en abrégé ACB) pour faire comme les ACP (Ateliers Chanson de Paris). Mais au fil du temps, le mot « Bruxelles » sera abandonné.
En raison de certaines rivalités, ce directeur ne fera pas long feu, il ne restera que deux ans. Quant à moi, j’en conserve la coordination. Le coordinateur, certains disent coordonnateur, c’est un peu celui qui pense à tout, écoute tout le monde et essaye de s’arranger pour que tout fonctionne bien. L’administration journalière, quant à elle, est toujours assurée par une secrétaire, la « permanente » de Voix Voies, Dominique Thiange, devenue « Directrice » de l’Asbl Voix Voies.

Avec le spectacle de fin d’année (juin 91), les élèves partent chanter à Paris. Parmi eux : Pascale Vyvère, Paul Villafranca (le futur mari de Maurane que celle-ci rencontre d’ailleurs à la Soupape !) et Bernard Polet (qui sera resté trois ans).
Je les accompagne pour faire la régie du spectacle. Un super week end !

Le cursus dure désormais deux années avec Ann Gaytan et Isabelle Fontaine au piano pour le cours d’interprétation en 1ère année et Martine Kivits et J.L.Fafchamps pour celui de 2ème année. S’ajoutent un cours de techniques de scène avec Patrick Waleffe qui réalisera de formidables spectacles dont j’ai parlé précédemment (Mistero Buffo, Mahagonny,…) et un cours de technique vocale avec Pierrette Laffineuse qui sera par la suite assuré par N.Borgomano (93), puis Pierre Bodson (95) et enfin Anouk (9Cool.
Pour le cours d’interprétation en 1ère année, Claude Semal succèdera à Ann Gaytan, avec Jean Luc Manderlier au piano (91).

Désormais, les cours ne se donnent plus ici où ils seront restés quelques années, mais dans les locaux de l’école Blanches et Noires à Saint Gilles. Je prends un plaisir fou à assister aux cours. J’y apprends aussi énormément. Je m’y rends d’ailleurs chaque semaine.
Ah ! Ces soirées au petit resto grec du coin après les cours. Que de bons souvenirs !

A partir de cette époque aussi, les spectacles de fin d’année ont lieu au Botanique lors de la « Nuit des Ateliers » avec les élèves de première dans le petit café théâtre et ceux de deuxième à la Rotonde.

Durant les étés 95 et 96, je pars participer, avec certains élèves, aux « Rencontres Francophones de la Chanson » de Salon de Provence. Une occasion pour moi d’encore mieux connaître certains d’entre eux (Damien, Vincent, Chantal,...). Une multitude d’images me reviennent à l’esprit sous la forme de flashs : Les soirées passées aux terrasses devant la célèbre fontaine. Ma chambre d’hôtel. Les super cours avec Cathy Biasin selon la méthode « Feldenkraïs ». Les concerts dans la grande cours du château. Les violents orages. Jean Louis Daulne, en invité et en dragueur impénitent ! Le chanteur marseillais Maurad Mancer (qui viendra chanter à la Soupape). Toutes ces rencontres. Que de moments délicieux et parfois même fort intenses !

A partir de 1996, une deuxième classe s’ouvre pour les nouveaux élèves. Cela permet d’en accueillir un plus grand nombre. Une petite trentaine. Elle sera animée par Patrick Waleffe pendant deux ans, secondé par Anouk. Mais l’ouverture de cette nouvelle classe causera un problème récurant. Le nombre d’élèves dans la classe de « deuxième » de M. Kivits étant limité, ceux qu’elle n’aura pas pris dans sa classe devront continuer dans une classe dite de « première », ce qui leur donnera chaque fois l’impression de doubler, alors que c’est surtout un problème de places disponibles. A combien de drames inutiles, n’ai-je pas assisté !!

En 97, après avoir été prof de technique vocale, Pierre Bodson souhaite avoir une classe d’interprétation et il remplace Claude Semal. C’est aussi l’année où Martine Kivits souhaite avoir une classe de première année en plus de sa classe de deuxième et où sa fille Zoé s’est inscrite pour suivre les cours.
Cette année-là, les Ateliers quittent le Botanique pour les salles de l’Espace Senghor, mais l’année suivante ils retourneront au Botanique.
A l’occasion de ces « Nuits des Ateliers », d’anciens élèves sont chaque fois programmés en première partie des spectacles. L’occasion, pour eux, de parfois profiter d’une grande scène !
Après le départ de Patrick Waleffe en 98, Anouk et Pascale Vyvère le remplacent en se partageant l’année, avec Jean Luc Manderlier au piano.

Au début de chaque année, plusieurs auditions sont organisées pour sélectionner les futurs participants. Jusqu’il y a peu de temps, elles avaient lieu à la Soupape. Parmi les candidats, il y a un peu de tout. Des bons, des très bons et…des nuls ! C’est parfois un véritable supplice. Comme les places sont limitées, seuls les meilleurs sont pris, quoique certaines années, ce sont parfois les moins mauvais !!
Ceux ou celles qui chantent avec les intonations et l’accent « variété » ne sont généralement pas sélectionnés, même s’ils chantent plutôt bien. Mais comme il est difficile de refuser un candidat qui chante très bien, certains, parfois, sont pris. Néanmoins, il a chaque fois été constaté qu’il leur est ensuite très difficile de leur apprendre à interpréter un « texte ». En effet, ils n’ont généralement chanté jusqu’alors que des mièvreries dans lesquelles « faire de la voix » l’emporte sur le texte.

En 1999, Martine Kivits propose d’animer en plus une Master Class. Elle produira deux spectacles : « Visite guidée », un spectacle de chansons belges et surtout le formidable « Quel cinéma ! » qui seront présentés à Charleroi et aux Francofolies de Spa.
Après le départ de Pierre Bodson en 2000, les deux classes de première sont animées, l’une par Pascale Vyvère avec Jean Luc Manderlier au piano et l’autre par Anouk avec Marie Sophie Talbot au piano.
A partir de 2001, Anouk partagera l’animation de sa classe avec Hughes Maréchal, ancien élève de l’Ecole de la Chanson ! Il y aura désormais trois Ateliers d’interprétation.

Au fil de toutes ces années, se sont ajoutés des cours parallèles ou des stages, les uns remplaçant parfois d’autres (Formation musicale avec Isabelle Fontaine, Chants polyphoniques avec Anouk, Mouvement-danse avec Isabelle Lamouline, Rythmes avec Marie Sophie Talbot,…)

Souvent, tous ces changements ont fait l’objet de multiples réunions, parfois orageuses. J’ai quelque fois été surpris de constater à quel point elles peuvent parfois être animées par les rivalités ou l’ambition de certains ! De solides manœuvres sont parfois au rendez-vous ! En tant que Coordinateur des Ateliers, j’essaye, comme on dit, de maintenir l’église au milieu du village. J’entends régulièrement les doléances de chacun sur l’un ou sur l’autre. Un jour, dans une réunion, alors que certains profs prônaient la franchise, je me souviens avoir déclaré que si chacun d’entre eux devait dire tout haut ce que j’avais déjà entendu tout bas, plus personne ne voudrait continuer à travailler ensemble !
Combien de nuits d’insomnie n’ai je pas passé à cause de ces Ateliers !

En cours d’année, chaque classe présente généralement à la Soupape deux spectacles que j’ai intitulés « Si on chantait…? ». J’assiste bien évidemment aux répétitions durant lesquelles je règle les éclairages et le son. Souvent lorsque arrive le moment du spectacle, j’ai le trac pour eux !
J’ai toujours été admiratif en constatant la générosité et l’énergie des profs pour tenter de faire progresser leurs élèves et les mener le plus loin possible. Néanmoins, il m’est parfois apparu que, plutôt que de se limiter à essayer de valoriser les élèves, certains les utilisent parfois aussi pour se mettre eux-mêmes en valeur !

Pendant très longtemps, j’ai pris beaucoup de plaisir à m’occuper des Ateliers Chanson.
L’organisation, les spectacles, les régies, les élèves, les amitiés. Les découvertes de nouveaux talents aussi, car souvent lorsque certains élèves sortent des Ateliers, je les incite à continuer. Je leur propose de préparer d’abord une prestation d’une demi heure qu’ils présenteront ensuite lors d’une soirée Cabaret ou à l’occasion d’une première partie. Ils viennent répéter ici et je leur donne un avis, fais des remarques. Si cela s’avère concluant, ils peuvent se produire pour un concert complet. Nombreux sont ceux qui ont ainsi parfois débuté une carrière et j’en suis très heureux, voire même un petit peu fier !!

A partir de 1994, certains d’entre eux participent au concours de la BIENNALE DE LA CHANSON (voir plus loin).
Certains se retrouveront en ¼, en ½ et même en finale et remporteront des prix ! Sans oublier leur participation au Franc’Off ou leur programmation aux Francofolies de Spa.
Parmi eux :

- Nathalie Stas, Nathalie Delattre et Véronique Sonneville avec le groupe « ADRENALINE », finaliste Biennale 1996
- Moustapha Ouriaghli, dit « Mousse » avec son groupe « MILMILADA », finaliste Biennale 2000
- Damien HURDEBISE (1ier prix concours « Belle à Chanter », Francofolies Spa 98 et 2002)
- ZOE (3ème prix Biennale Chanson 98, choriste de Maurane, Francofolies de Spa 99 (prix Coup de cœur) et 2006)
- ROBIN Carpentier (1er prix Biennale 2002 et Francofolies 2003)
- Perrine DELERS (3ème prix Biennale 2004)
- Valéry BENDJILALI
- Pascale DELAGNES (« Ma petite robe rouge », 4ème prix Biennale 2004, Francofolies 2005)
- Hugh’O (groupe «On y va», demi-finaliste Biennale 2000) - Sabrine El Koulali (prix Franc’Off 2000, demi-finaliste Biennale 2000)
- François SPI (prix Franc’Off 2001, 3ème prix Biennale 2002, Francofolies 2002 et 2003)
- Joachim JANNIN (dommage qu’il ait arrêté de chanter)
- Vincent DELBUSHAYE (2ème prix Biennale 2002, Francofolies 2003, 2005 et 2006)
- DAPHNE D’Heur (1ier prix Biennale 2006) - Anaïs H. (Francofolies de Spa 2002 et 2006)
- Coline Malice – Clément Bogaerts – Mathias Brismée et Benoît Dumont : membres du groupe « Room Service » - Yohm (Guillaume de Lophem) -

Parmi d’autres élèves issus des Ateliers, certains ont fait des spectacles ou des concerts pendant quelques temps, puis, à ma connaissance, ont arrêté :

Audrey Englebert - Bruno Huisman et les Voilà - Bernard Polet (présentateur de « Télécinéma » - Franc’Off 2003) - Marie-Anne Van Groeningen (participa au groupe les Frères Brozeur) - Thierry Vassias (chanteur du groupe « Légitime Démence ») - Régine Galle (chanteuse du groupe « Violette ») - ) - Ariane Schillings - Maria Canel – Noémie Vainsel du Duo « Assam » -
Jean-François Maljean (auteur de « Héritage », spectacle Jeune public monté par P.Waleffe pour Huy 99) - Chantal De Bodt, …

Parmi ceux qui ont continué :

Pascale VYVERE - Paul VILLAFRANCA (en France « Les Années Twist », « Les 10 Commandements ») - Farida Boujraf - Jean-François Brion - Claudie Rion - Alami Larbi (chanteur du groupe « Tam Echo Tam ») - Philippe da Villa (chanteur dans « Roméo et Juliette » (France) - Leila Amezian (chanteuse dans différents groupes) - Amaury Massion (chanteur d’un groupe rock)

Mises à part quelques exceptions, la plupart de tous ces chanteurs ont fait à la Soupape des concerts ou des spectacles. Certains se sont produits de nombreuses, voire de très nombreuses, fois !
D’autres enfin n’ont jamais rien fait après leur sortie des Ateliers et sont tombés dans l’oubli ! Ils ont juste eu du plaisir à suivre les cours et à se produire plusieurs fois sur une scène. C’est déjà beaucoup !!

Chaque année, des COMEDIENS, souvent sortis des différentes écoles de théâtre, viennent suivre également les cours des Ateliers. Il est vrai que le fait de savoir chanter constitue un atout supplémentaire pour leur métier.

Jean-Claude Dubiez (Ligue d’Impro), Frédéric Haugness, Isabelle Wéry, Magali Pinglaut, Vincent Raoult, Saïd Bahaid, Fabrice Boutique, Ben Hamidou, Xavier Mailleux, Cathy Grosjean, Marine Haulot, Frédéric Lepers, Marie Kremer, France Bastoen, Cristelle et Catherine Cornil, Julie Tenret, Bénédicte Chabot, Mélanie Delva, Yasmine Laassal, Coline Zimmer, Arnaud Crèvecoeur,…
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Evolutions

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:52

Durant les années 90, la PRESSE, à quelques exceptions près, s’est petit à petit désintéressée de la plupart des cafés théâtres. Les journalistes ont eu tendance à ne plus couvrir que les grands événements. J’imagine que c’est parce que ceux-ci concernent un plus grand nombre de spectateurs et…de lecteurs. Quant aux télévisions…n’en parlons plus !
De plus, une nouvelle génération de journalistes formée au goût « rock » commence à écrire. Celle-ci aura un profond dédain pour la « Chanson » qu’elle assimile à la variétoche.

Déjà perçu à la fin des années 80, cette décennie est marquée le début d’un certain déclin de la chanson française. En effet, à partir du début des années 90, je constate que les nouveaux chanteurs se font plus rares. Seuls les Ateliers me permettent de faire de nouvelles découvertes. Je me demande bien pourquoi ?

Mon hypothèse est que la chanson aux rythmes rock et pop, importée des pays anglo-saxons, va de plus en plus influencer les nouveaux créateurs. Régulièrement, des chanteurs me proposent des concerts avec batterie et guitares électriques. Après en avoir accueilli deux ou trois, le volume sonore était chaque fois trop fort élevé pour une bonne partie des spectateurs et pour moi-même. De plus, dans ce type de chanson, la musique et le rythme l’emportent souvent sur le texte. Celui-ci, parfois, est difficilement audible. Les cafés théâtres, de par la configuration des salles, ne sont donc pas souvent des lieux adéquats pour accueillir ce nouveau type de chanteurs et de musique.
Ils prendront progressivement de plus en plus de place pour finalement exercer une sorte de suprématie.

En fait, je pense que la nouvelle génération "hamburger" ignore presque tout de la Chanson, à part les Brel, Brassens,... En effet, à partir des années 80, elle n'a pratiquement plus été nourrie que par la musique anglo-américaine plus rythmée, une musique qui a bien intelligemment été exportées pour des raisons commerciales. Cette musique ayant été relayée et valorisée par de jeunes journalistes et certains médias, la Chanson a, quant à elle, été assimilée à cette mauvaise variété française rejetée par cette nouvelle génération.
Le label « rock » est désormais un label de qualité, alors que le label « chanson française » devient synonyme de ringardise !

Heureusement, durant ces années 90, certains chanteurs continueront néanmoins à perpétuer l’autre type de « chanson », même s’ils sont relativement assez peu nombreux.
La Soupape les défendra et deviendra en quelque sorte un lieu de « Résistance » !
La Biennale de la chanson a emboîté le pas de cette résistance pendant plusieurs années. Il suffit de voir quels ont été les finalistes de chacune d’elle.
Cette « chanson française » plus classique renaîtra timidement de ses cendres encore chaudes dès le début des années 2000, alors que, paradoxalement, la Biennale, elle, semble, depuis peu, plutôt vouloir s’orienter vers des sons plus électroniques et plus « rock » !

Dans les prochains épisodes, je parlerai de la fin de ma double vie, celle au bureau et celle à la Soupape. Pour celle-ci j’aborderai la programmation des années 2000, avec en théâtre les spectacles qui m’ont marqués et en chanson, les nombreux nouveaux chanteurs qui ont été révélés par la Soupape.
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Années 2000 - ma boite le théâtre

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:56

Les années 2000 (8ème épisode) :

MA BOITE - UNE REVOLUTION ? - LE THEATRE

Mars 2000. Que le temps passe : Cela fait déjà 26 ans que je travaille dans ma boîte américaine et bientôt 25 ans que la Soupape est ouverte !

MA BOITE

Depuis cette fusion entre les sociétés Arthur Young et Ernst & Whinney en 1990, pour devenir ERNST & YOUNG, un des nouveaux Big Boss, un certain JAN, éprouve une sorte d’aversion contre moi. Et je la lui rends bien. Lorsque nous nous croisons dans un couloir, il m’ignore. Moi aussi. A plusieurs reprises, il essaye de me mettre au pas. Il ne supporte pas que quelqu’un soit un peu marginal et ne soit pas conforme à son troupeau de moutons. Il est aussi contre le travail à mi-temps. Un employé doit être disponible pratiquement 24h sur 24.
J’apprendrai plus tard qu’il me reprochait aussi de ne pas être assez bien habillé, alors que lui, c’est une sorte de gros porc avec un bide tellement énorme que sa chemise, trop courte, sort perpétuellement de son pantalon !!

Puis un jour, nous sommes en 1999, arrive la louve des SS ! Elle s’appelle RITA. Désormais, je dois travailler sous ses ordres. Autoritaire, elle veut tout contrôler, tout vérifier. Je dois faire mon boulot comme elle a décidé qu’il soit fait et pas autrement, si bien que je suis obligé de modifier ma manière de travailler. Sans cesse, je dois rendre compte de tout ce que je fais, comme un débutant !
Après quelques mois, je n’en peux plus. J’ai régulièrement des hausses de tension, les oreilles se bouchent. Au bord de la dépression, je décide de prendre une pause-carrière.
Vraisemblablement, j’ai fait l’objet de harcèlement moral pour me pousser à bout et ainsi provoquer mon départ, comme ce fut déjà le cas pour une secrétaire quelques années auparavant.
Après avoir goûté le plaisir de cette année sabbatique, je n’ai bien évidemment plus du tout envie de recommencer à travailler dans la boîte. Et… je n’y suis plus jamais retourné, bien qu’entre-temps la « Rita » ait été virée !

UNE REVOLUTION ?

Après le départ de chez Ernst and Young, fin 2001, je ressens comme une libération. Enfin, je suis libre, LIBRE !
Finies les contraintes de ce boulot. La PAIX !
Par ailleurs, ce départ a l’effet sur moi d’une petite révolution.
Peu à peu, je redécouvre une espèce de liberté de penser. Enfin, j’ai le temps de réfléchir, d’observer le monde, la société, tout ce qui m’entoure.
Je me rends compte aussi que, pour mieux supporter les conditions de travail, j’avais petit à petit appris à ne presque plus réfléchir à ce que je vivais, à perdre mon esprit critique. Pourtant, lorsque que je prends conscience de la société dans laquelle je vis, j’en viendrais parfois à regretter cette période où mon cerveau était en partie lobotomisé !
Lorsque j’étais abruti, j’avais l’esprit plus serein…!!
Heureux les innocents ! Heureux les bovins !

Etrange coïncidence : Les attentats du 11 septembre 2001 ont lieu pratiquement au moment où je prends ma décision de quitter ma boîte américaine…!!
Gros changements dans le monde, gros changements dans ma vie personnelle… Des changements vont se traduire également dans ma façon de gérer la Soupape.

LE THEATRE

Comme j’ai désormais plus temps, la programmation théâtrale va prendre de plus en plus de place.
Les propositions de pièces de théâtre se bousculent. Elles vont plus souvent être programmées à raison de 3 ou 4 soirées, parfois pendant une ou deux semaines. Plusieurs d’entre elles feront aussi l’objet de reprises. Certains comédiens, devenus des fidèles de la maison, proposeront régulièrement de nouveaux spectacles.

Je constate qu’il m’est plus difficile de raconter cette période relativement proche qui ne fait pas encore vraiment partie du passé. En effet, ma mémoire étant pratiquement intacte, l’oubli n’opère que peu de sélections. Je pourrais donc parler de tous les spectacles, de tous les concerts.
Comment m’y prendre pour que ce ne soit pas une énumération longue et fastidieuse ? Comment faire une sélection ? Dois-je en faire une ? Dur, dur !
Bon. Je me lance.

- En février 2000, c’est la découverte du très joli spectacle « Bric à Brac » des Tortues Enragées (Pascale Delagnes et Cristel Van der Stappen). Elles reviendront le jouer en décembre 2001.
Au mois de mai, la première de « Quel cinéma ! », un super spectacle réalisé par Martine Kivits avec d’anciens élèves des Ateliers. Il sera d’ailleurs repris plusieurs fois et joué aux Francofolies de Spa.
En juin, le spectacle inspiré de nouvelles de V. Nabokov « Au loup, au loup ! ».

- L’année 2001 débute avec la pièce d’Harold Pinter : « The dumb waiter » (Le monte plats) interprétée par les excellents Emmanuel Deconinck et Nicolas Ossowski.

Au mois de juin, le comédien OLIVIER CHARLET, qui est également auteur, débute une sorte de « carrière » à la Soupape ! Avec Victor Scheffer à la mise en scène, il vient créer son tout premier spectacle « Eclats de vie » qu’il jouera ensuite au Théâtre de la Toison d’or et au Théâtre de La Valette. Par la suite, il viendra faire ici les créations de toutes ses autres pièces : « Nous sommes vivants » en compagnie de Bernard d’Oultremont en avril 2004, une pièce qui sera reprise à la Comédie C.Volter en 2006. Suivront « J’aimerais tant…» avec Gérald Wauthia et « L’humaine comédie » avec Ronald Beurns en juin 2005. Enfin en juin 2006, il revient seul avec « Le goût des choses ».

Je m’en voudrais de ne pas citer les pièces « Adolorata » et « Charlotte, impératrice » joués en juin.

Au mois de décembre, c’est la création de deux petites pièces écrites et mises en scène par VINCENT LECUYER : « Petite âme » et « En robe » interprétées par Gwen Berrou, Christel Pedrinelli, Cloë Xhauflaire, David Leclercq et l’auteur. On retrouvera Vincent Lécuyer, plus tard, à la télé, comme présentateur de « Hep taxi » et comme acteur principal dans le film « Ultra Nova » de Bouli Lamers et…aux Ateliers Chanson en 2006 !!

Entre les fêtes, nous accueillons Alain Montoisy dans son spectacle « Ellebore » pour la nième fois, mais toujours avec autant de plaisir ! Et ce n’est sans doute pas fini !!

- Pour débuter l’année 2002, Jérôme de Warzée (le fils de l’autre !) se lance dans le seul en scène et vient créer son tout premier spectacle : « Première crise ».

Durant cette année, je découvre un auteur français que j’aimerai particulièrement, Xavier Durringer. Deux de ses pièces sont présentées :
Au mois de mars, « Chroniques de jour et de nuit » avec Cathy Grosjean, Georges Lini, Stéphane Fennochi, Frédéric Goffart et Juliette Meignan (Mise en scène: Georges Lini).
Au mois de novembre la création belge de « Bal Trap » avec Myriem Akhédiou, Gwen Berrou, Othmane Moumen et Thibeau Nève (Mise en scène : Jasmina Douieb)
Je serai très heureux lorsque j’apprendrai que cette dernière pièce pourra être reprise au Théâtre des Martyrs et au Festival de Théâtre de Spa, mais aussi lorsqu’elle remportera le prix du meilleur spectacle jeune compagnie 2003.

En avril, le Théâtre des Sources de Spa vient jouer « Autres vérités » d’après Freud avec Pascale Bonnarens, Marc De Roy, Dominique Hermans, Fred Panadero, Yves Vandezande et Philippe Francis (mise en scène de Jacques Neefs). La pièce sera reprise ici en avril 2003 et jouée au Festival de Théâtre de Spa durant l’été. Comme je fais la régie, je serai aussi de l’aventure. Il est vrai que c’est déjà une longue histoire avec ce théâtre spadois. Sa directrice, Pascale Bonnarens était venue jouer ici un petit rôle (comme moi-même) dans « La Colonie » de Marivaux en 1984 ! Après avoir émigré dans le beau pays de Spa, elle y avait fondé une troupe avec quelques amis. C’est en 97 que, pour la première fois, je vais passer une dizaine de jours à Spa pendant les représentations en plein air de la pièce « La quenouille de Barberine » de Musset. J’y prendrai un tel plaisir qu’à partir de ce moment-là j’y retournerai chaque année !

Au mois de septembre, Philippe Martin joue « Les fourmis » de Boris Vian et en octobre, je retrouve Marc De Roy et Dominique Hermans dans la pièce « Trois à deux » mis en scène par le regretté Pierre Dumaine.

Au mois de décembre 02, STEPHANIE BLANCHOUD, qui vient de sortir du Conservatoire, vient créer sa toute première pièce : « J’aurais voulu vous le dire » mise en scène par Patricia Dacosse et interprétée entre autres par Catherine Decrolier, Sébastien Moradiellos,… et elle-même. A cette occasion, elle me passe un CD de ses chansons. Après l’avoir écouter, je lui proposerai de venir les interpréter quelques mois plus tard.

- L’année 2003 débute avec la création de l’excellent spectacle : « La Tête en bas » d’après le roman de Noëlle Châtelet adapté par Xavier Mailleux. L’auteur (la sœur de Lionel Jospin !) est venue tout spécialement de Paris pour assister à la première !
La pièce est interprétée par François Pinte, Cathy Grosjean et Xavier Mailleux. Ces derniers sont deux anciens des Ateliers. Le spectacle sera repris ensuite au Théâtre de la Vie en 2004 et au Zone Urbaine Théâtre (le Z.U.T) en 2006. Il remportera le prix du meilleur spectacle jeune compagnie 2004. J’en suis fort heureux.

Autres fidèles de la Soupape, Catherine Ronvaux et Patricia Dacosse. Après être venues jouer « Les Fables de La Fontaine » en 2003, ces deux comédiennes reviendront avec deux autres spectacles les années suivantes : « Les Charlottes » de L. Lambert en octobre 2004 et « La rose aux 2 parfums » de E. Carballido en décembre 2005.

C’est avec « Outrage au public » de Peter Handke, avec notamment Catherine Kirsh, que le metteur en scène, Alex Lorette vient ici pour la première fois, en novembre 2003. Il réalisera ensuite en avril 2005 un second très bon spectacle, « Disponible » d’après Xavier Durringer, interprété par Catherine Kirsh et Cédric Juliens avec une reprise en novembre 2006 totalisant une douzaine de représentations. Ce dernier spectacle sera joué en décentralisation et notamment au Festival de Théâtre de Spa en 2006.

Après « Chroniques de jour et de nuit », Georges Lini revient créer, en cette fin d’année 2003, un très beau monologue de J.L. Bourdon « Sur la tête du Bon Dieu ».

- Durant l’année 2004, le nombre de représentations des spectacles de théâtre joués ici augmente sensiblement. Il passe de vingt en 2003 à quarante en 2004 !

L’année commence avec la création d’une pièce écrite par l’adorable comédienne Jacqueline Nicolas intitulée « Changement de pâture réjoui les veaux », interprétée par Viviane Collet, Frédéric Lepers et…Jacqueline Nicolas pour une quinzaine de représentations. On y rit beaucoup !

Le comédien, Tristan Moreau devient également, à partir de cette époque, un habitué de la maison avec d’abord « La salle des fêtes » de Philippe Minyana joué aussi par Céline De Geyter, Elsa Herroyaux et Stany Mannaert dans une mise en scène de Nathalie Stas, une autre habituée. L’année suivante le même groupe de comédiens, dans lequel Michael Parys a remplacé Stany Mannaert, viendra créer un spectacle loufoque « La petite maison dans la série ». Tristan Moreau reviendra au mois de décembre pour un récital de ses chansons accompagné aux claviers par Laurent Horgnies et en janvier 2006 pour un très chouette spectacle de cabaret 1900 avec Céline De Geyter.

A Pâques, pour une série de représentations, je retrouve la comédienne Catherine Kirsh en compagnie de Nicolas Testa pour la création de la fort bonne pièce « Hystéries » d’Alexis van Stratum que celui-ci met également en scène. Cette pièce sera reprise l’année suivante au Théâtre Marni.

ET MOI ET MOI ET MOI…?!! (suite et fin)

Cela fait maintenant 6 années que je ne suis plus monté sur scène. Le fait d’assister à tous ces spectacles me redonne envie. Mais comme je suis trop paresseux pour me lancer dans une toute nouvelle aventure, je reviens avec mon cheval de bataille : « Don Quichotte ». « Tu ne sais pas faire autre chose ? », me demande-t-on ? Et bien, non ! Comme une bonne partie de l’équipe n’a plus envie de faire une xième reprise, j’écris une nouvelle adaptation, cette fois pour deux personnages. Mais dans cette adaptation, je peux personnellement me projeter : L’histoire d’un homme vieillissant qui vit avec le souvenir obsessionnel du personnage de Don Quichotte qu’il a joué dans le temps. Sa bonne va l’inciter et l’aider à interpréter le rôle, peut-être pour la dernière fois.... !
A six mois d’intervalle, deux versions différentes sont représentées, totalisant un dizaine de représentations, toutes deux accompagnées par Renaud Ziegler au piano. Dans la première, c’est Jacqueline Nicolas qui interprète le rôle d’Aldonza, dans la seconde, c’est la comédienne Murielle Piette - Ferrer.
A cause d’un trac aussi paralysant qu’inexplicable, je n’ai pris malheureusement qu’un plaisir mitigé à jouer et ce malgré un fort bon accueil (voir plus loin).

Après la seconde série de représentations de Don Quichotte, l’année 2005 se poursuit avec un très beau spectacle : « Confession de femmes » par Catherine Nowack et Adèle Cooken (mise en scène : Michel Wrigth) suivi en avril d’une comédie de Josiane Balasko
« Bunny’s Bar » avec notamment Didier Colfs, Gaëlle Swan,…(mise en scène : Virginie Hocq)

Au mois d’octobre, un Evénement ! Le fabuleux Hervé Guerresi crée ici « L’histoire du tigre et autres histoires » de Dario Fo dans une mise en scène d’un vieil habitué, le mime Jean Louis Danvoye. Un tout tout grand moment ! Ce spectacle sera repris en avril 2006 avant d’être programmé à la Samaritaine et dans plusieurs Centres Culturels ainsi qu’au Festival de Théâtre de Spa. Il sera enfin à l’affiche en 2007 pendant deux mois au Théâtre Le Public !! Cela me fait particulièrement plaisir qu’un spectacle, après avoir été répété puis créé à la Soupape, puisse faire ensuite une aussi belle carrière !

En novembre, après leur spectacle « Etat des lieux » joué l’année précédente, les comédiens Grégoire Baldari et Mychael Parys reviennent pour créer la pièce de Xavier Percy « Au bout du désert » (mise en scène : Jacques Neefs et l’auteur). Elle sera reprise au Festival de Théâtre de Spa en 2006.

En février 2006, création de « Trois heures du mat » de F. Panadero et au mois de mai, de l’excellent spectacle : « Le récit d’un jeune médecin » de M. Boulgakov interprété par Dominique Rongvaux et mis en scène par A. Von Sivers, un spectacle repris en février 07.
L’année 2006 se termine par « La raffle du Vel d’hiv » et par deux pièces de Vaclav Havel « Audience » et « Pétition » avec Laurent Verrellen et Didier De Crane (mise en scène : Benoît Verhaert).

Dans le prochain épisode, je parlerai de la programmation en Chanson, de la Biennale de la Chanson ainsi que des nombreux nouveaux chanteurs qui ont fait, ces dernières années, leurs débuts à la Soupape.
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Commentaires sur Don Quichotte

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:57

- "Ayant vécu à la Soupape, toutes les versions du Don Quichotte... à vélo, je peux témoigner que cette dernière mouture était d’un grand cru ! D’abord, par la qualité d’interprétation de chacun d’entre vous et une complicité évidente et sensible, ensuite par ce juste équilibre entre un humour décalé et revigorant et une émotion tangible à fleur de peau qui fait briller les yeux un peu trop fort.... Comment dire, c’est comme si après voir vu ce spectacle on se sentait un peu meilleur, plus humain...
Pour ce moment partagé, fort, précieux et touchant, chaleureux merci à vous trois (sans oublier les regards extérieurs) ! À vous revoir..." (Marianne H.)

- "Un jeu retenu et touchant, un récit et un spectacle cohérent" (Alex L.)

- "Vous m'avez fait pleurer" (Grégoire B.)

- "Je garde encore le souvenir de tout ce que tu nous as donné en Don Quichotte" (Dom. I)

- Merci pour ce beau moment plein d'émotion et de sincérité. (Philippe D.)

- "Tu nous a donné un moment de pur bonheur, d'émotions intenses... Ton interprétation n'en était pas une...pas de composition...tu ETAIS ce Don Quichotte tellement touchant ! J'ai redécouvert complètement le personnage, et beaucoup de choses sont apparues comme tellement plus claires, tellement plus vraies ! un simple exemple, parmi d'autres…la chanson "sans amour"... elle m'est apparue complètement différente de la version que je connaissais...et tellement plus juste, plus profonde, plus vraie...bref, je suis pas doué pour les compliments...Mais pour résumer...C'était formidable ! Sois en éternellement remercié" (Mychael P.)

- " Nous avons revu cette nouvelle version avec autant de plaisir, d'émotion et d'admiration que les (nombreuses) années précédentes. Ton incarnation de Don Quichotte est toujours aussi convaincante et même encore meilleure selon nous. Sans doute la qualité et la chaleur de ta partenaire y étaient-elles pour quelque chose. Pour un chanteur et comédien amateur, ta performance est d'une qualité admirable." (Robert D.)
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Les années 2000 - La chanson

Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:58

Les années 2000 (9ème épisode) : LA CHANSON
A partir de cette décennie, petit changement dans la manière de programmer la « Chanson ».
Outre les présentations régulières, chaque saison, des six spectacles « Si on chantait » des Ateliers Chanson, la Chanson va de plus en plus souvent être concentrée, au fil de ces années, sur deux ou trois périodes d’un mois complet avec notamment, le « Festival jeunes chanteurs » qui deviendra ensuite « La Chanson fait sa rentrée » et le Festival « Mars en Chanson ». A partir de 2001, naît également le « Rallye Chantons français » dans les différents café théâtres bruxellois. La Soupape participe aussi au Festival Entre Vues Off.

Alors que les années 90 n’ont pas été très riches en nouvelles découvertes, au début des années 2000, la chanson française renaît de ses cendres, ainsi que le témoignent immédiatement LA BIENNALE DE LA CHANSON FRANCAISE de l’année 2000 et des années suivantes.
Mais parlons d’abord des premières années de ce concours dans lequel je me suis fort investi depuis sa création en 1994.

La Biennale est un témoin particulièrement fidèle de l’évolution de la chanson.
Créé par le Ministre Didier Gosuin pour valoriser à Bruxelles la chanson en français et en même temps les lieux de diffusion, il sera animé, à partir de la 2ème édition, par le dynamique et truculent Didier Arcq pendant 10 années.

Les deux premières éditions s’adressaient exclusivement aux chanteurs bruxellois. A partir de la 3ème édition, la Biennale s’est élargie à toute la Communauté française.
Après une première sélection des candidats sur base de cassette audio ou de CD, ceux-ci font une prestation de 20’ devant un jury. Comme je ferai partie du jury dès la première année, je ne manquerai pas, chaque fois, de « supporter » mes préférés !!
Plusieurs chanteurs « Ateliers » ou « Soupape » seront régulièrement lauréats et remporteront des prix pour mon plus grand bonheur.

La première édition s’est déroulée entièrement à la Samaritaine (1/2 finales et finale). Les finalistes sont, dans l’ordre, Tam Echo Tam, ANOUK, HUGHES MARECHAL, le groupe Scandale et Luc Fonteyn.

En septembre 1996, après les demi finales dans différents cafés théâtres (à la Soupape : Chantal De Bodt, Pierrot Debiesme, Marie-Sophie Talbot, les frères Bardini), la finale a lieu à la Maison Haute à Boitsfort.
Philmarie la remporte (je n’aime pas), suivi de MARIE-SOPHIE T. et de Tome II (Fabienne Coppens).
Au mois de décembre, je fais une virée mémorable à Paris en compagnie des finalistes des deux premières années pour leurs concerts au Centre culturel Wallonie-Bruxelles. Que de moments de plaisir !

En 1998, toujours à la Maison Haute, c’est Daniel Hélin qui gagne, suivi du groupe Coïncidence, de ZOE et de Zo, ainsi que Vincent Venet !
Et dire que Daniel Hélin a failli être absent du palmarès ! En effet, personne dans le jury ne le connaissait et il avait envoyé une cassette inaudible. Comme il s’était déjà produit à la Soupape, j’ai vivement insisté pour qu’il puisse au moins être vu aux ¼ de finale. Un début de carrière dépend parfois de très peu de chose !!!

L’écoute des chansons des CD ou des cassettes des candidats par le jury constitue chaque fois un marathon ! Ce sont souvent plus de 200 chanteurs à écouter ! Cela prends parfois deux journées entières. Que de discussions, que de désaccords !!

A partir de la Biennale 2000, je mettrai toute mon énergie pour pousser et encourager certains nouveaux chanteurs sortis des Ateliers. Certains viendront répéter régulièrement à la Soupape sous mon regard attentif !

A l’occasion des ¼ de finales, je découvre d’abord un jeune chanteur de 17 ans dont les textes sont particulièrement intéressants et bien écrits, Clément Bogaerts. Comme il a encore des progrès à faire, je vais l’inciter à s’inscrire aux Ateliers, néanmoins je lui propose déjà de faire tout de suite une première partie au mois d’octobre, celle de Sabrine El Koulali, une ½ finaliste sortie des Ateliers Chanson qui vient de remporter le Franc’ Off à Spa « Un hymne au talent. Du talent, de la voix, du culot. Une carrière qui démarre – Francoscoop »

Autre ½ finaliste, le très chouette groupe OnYva formé par le duo Hugues-O et Jean- Christophe Jortay, alors encore élèves aux Ateliers. Après une toute première prestation en février 2000, je les encourage à s’inscrire au concours. Nous cherchons même ensemble le nom du groupe. Ils obtiendront le coup de cœur de la revue Une Autre Chanson. Malheureusement, après plusieurs concerts mémorables, ils finiront par se séparer quelques temps plus tard.

En 2000, la ½ finale et la finale ont lieu aux Halles de Schaerbeek : Le premier prix va à Dimitri, ensuite Marie Chasles, Enzo Piccinato, le groupe Milmilada avec son chanteur Mousse (Moustapha Ouriaghli) issu des Ateliers et Alex Onor.

J’en reviens maintenant à la SOUPAPE, où, durant l’année 2000, je découvre le très bon groupe russe OBEREG qui se produira deux fois (mai et septembre)

- En 2001, quelques découvertes dont certaines seront importantes.
Au mois d’avril, le comédien Valéry Bendjilali se lance dans la chanson avec un récital intitulé « J’aurais voulu vous le chanter ». Le groupe Milmilada se produit aussi en avril.
Le même mois, le chanteur François SPI fait ses tous premiers pas sur scène avec son récital complètement déjanté « Histoires de fou ». En juillet, il remporte le concours des Franc’Off !

L’année 2001 est aussi l’année du premier « Rallye Chantons Français ». Après une mini tentative au mois de mars avec la programmation ici de la chanteuse française Agnès Bihl, le Rallye aura lieu chaque année au mois de septembre.
Pour cette première, la programmation est particulièrement étoffée (un peu trop !) :
Saher, Jean Jacques Nyssen, Anouk et Marie Sophie Talbot, Damien Hurdebise et en intermède, pendant les pauses, je parviens à intercaler François Spi et Anaïs (une toute jeune chanteuse des Ateliers) !!

Après le Rallye, j’organise pour la première fois, un FESTIVAL JEUNES CHANTEURS qui deviendra plus tard « La Chanson fait sa rentrée ».
Durant ce festival, se succèdent notamment : Robin Carpentier, Clément Bogaerts, François SPI (encore lui !) et Joachim Jannin. Pour certains d’entre eux, c’est une première scène. Le mois suivant, ce sera aussi la première de Vincent Delbushaye. Fraîchement sorti de la classe d’Anouk et de Marie Sophie T., cette dernière lui avait proposé de se produire en première partie de son concert.

- En février 2002, ce sera au tour de PASCALE DELAGNES, sortie aussi des Ateliers, de se lancer dans le récital de chanson (avec Renaud Ziegler au piano).

Pour la plupart de ces chanteurs, ce sera le début d’une série impressionnante de passages sur la scène de la Soupape tant pour des répétitions, que pour des concerts.

- A la rentrée de septembre 2002, aux Halles de Schaerbeek, c’est pour moi un tout grand moment d’émotion et de bonheur. Trois chanteurs des Ateliers (et de la Soupape !) remportent les trois premiers prix de la BIENNALE de la Chanson : ROBIN, VINCENT DELBUSHAYE et FRANCOIS SPI, suivi de Téna (je déteste) et de Guy Rombaux.

A l’occasion du « Rallye Chantons français », est programmé le chanteur français Laurent Berger et Pascale Delagnes ????

Parmi les autres concerts marquants de cette année 2002, je citerai ceux de Photis Ionatos chantant Mikis Théodorakis, le quintette de Tango Nuevo jouant Astor Piazzola et le groupe de musique flamenco, Amistad.

- L’année 2003, débute pour la chanson, avec un 2ième FESTIVAL JEUNES CHANTEURS à l’occasion des 20 ans des Ateliers Chanson (ex Ecole de la Chanson française). Au programme une dizaine de chanteurs issus des Ateliers et lancés, pour la plupart, par la Soupape. Que de soirées mémorables !
- Joachim Jannin et Vincent Delbushaye
- François Spi et la première de Perrine Delers accompagnée de JeanMi
- Valéry Bendjilali et Pascale Delagnes avec « Ma petite robe rouge »
- Clément Bogaerts et Coline avec « La boîte à Malice » et enfin Robin et son groupe.
Lors de ce dernier concert, une nouvelle découverte : le chanteur Laurent Horgnies.

Cette programmation qui déborde sur le mois de mars, sera l’occasion de participer, pour la première fois, au Festival « Mars en Chanson ».

Au mois de mai, encore une belle révélation de la Soupape, celle de STEPHANIE BLANCHOUD dans son récital de chansons intitulé « Vaut mieux en rire » avec au piano, Sophie De Wulf.
Quelques mois auparavant, elle m’avait donné un CD de ses chansons. Après l’avoir écouté, je me souviens lui avoir dit que j’avais trouvé que le ton de plusieurs des musiques étaient un peu trop haut pour sa voix d’alors. Après l’avoir un peu descendu, les chansons donnaient beaucoup mieux. Depuis lors, elle a suivi des cours de chant et ces petits problèmes ont disparu ! Et…deux ans plus tard, elle se classait 2ème à la Biennale !

Au mois de juin, lors d’une soirée intitulée « Attention talents ! », en plus des confirmations de Perrine et JeanMi et de Laurent Horgnies, la comédienne chanteuse DAPHNE D’HEUR fait, dans la chanson, ses premiers pas sur scène accompagnée au piano par Vincent Delbushaye. Alors qu’elle était encore choriste de Joachim Jannin, la revue UAC a écrit à son propos : « Quelle voix, mes amis, quelle présence et quelle intelligence dans l’interprétation : il y a de la toute grande qui se prépare ici » !
En 2006, elle remportera la finale de la Biennale !

Durant les vacances, je vais, comme chaque année, aux Francofolies de Spa. C’est pour assister à des concerts, mais aussi pour soutenir mes petits protégés ! Cet été, c’est le trio gagnant de la Biennale. Ils sont programmés au Casino, mais aussi dans le cadre des « Bars en folie ». Pour de la folie, c’est de la folie ! Les conditions sont assez épouvantables. Ils doivent chanter pendant cinq jours aux terrasses des cafés devant des gens qui sont attablés pour boire et pour manger, mais pas pour écouter des chanteurs. Ils doivent se battre pour attirer leur attention. La galère. Mais, c’est une bonne école !

A la rentrée de septembre 2003, c’est le 25èmeANNIVERSAIRE de la Soupape ! Encore un !

L’événement est largement relayé par la Presse : Un interview dans Zone 02 avec ma photo, s’il vous plait ! Des articles dans la Capitale, le Soir, le Ligueur,…
Pour l’occasion une trentaine d’artistes de la maison se succèdent sur scène durant deux mois avec des soirées particulièrement mémorables.
Des soirées complètes avec Cheiro de Choro, Damien Hurdebise et les Ateliers de la Chanson "Et si on chantait Brel?" (Rallye Chantons français), Christiane Stéfanski, Danvoy ',
Photis Ionatos.
Et quatre « Revues des 25 ans » avec des anciens, mais aussi des nouveaux :
- « Quelques pionniers » : Martine Kivits, Pascale Vyvère, Patrick Waleffe, Stanislas et Zoé.
- « Quelques classiques » : Fabienne Coppens, Hughes Maréchal, Isabelle Rigaux, Marc De Roy, Pierre Lafleur, Vincent Raoult et Marie Sophie Talbot.
- « Les nouveaux nés » : François Spi, Joachim Jannin, Vincent Delbushaye, Laurent Horgnies, Robin et le groupe Adrénaline (pas si nouveau que cela !).
- « Soirée de clôture » : Alain Montoisy, Anouk, Claude Semal, Marc Lelangue, les "Tortues Enragées" et Vadim Piankov.

Certains ont écrit des textes de chanson, des sketches,… (Voir annexes 7)
Je reçois même un nouveau peignoir rouge des Adrénaline ! Il est vrai que nombre d’entre eux me voient souvent habillé, depuis des années, lorsqu’ils viennent répéter, d’un vieux peignoir bleu !

Au mois de novembre, c’est la création du récital « Léo Ferré par Daphné d’Heur et Jean Luc Fafchamps ». Pour ce dernier, c’est un peu un anniversaire. Il y a pratiquement 20 ans, il avait déjà magistralement accompagné au piano, ici même, Ann Gaytan dans son mémorable récital Léo Ferré !!

- En 2004, pour le Festival « Mars en Chansons », est programmé près d’une dizaine de chanteurs ou groupes :
Vincent Delbushaye, Daphné d’Heur et J.P. Tonnart chantent Léo Ferré, Laurent Horgnies, Pascale Delagnes, La Boite à Malice, Catch et le chanteur français Gilbert Laffaille pour lequel également certains anciens des Ateliers (V.Delbushaye, D.D’Heur, L.Horgnies et J.Tenret) ont préparé le spectacle « Les Ateliers chantent Lafaille », spectacle qui est aussi présenté à Charleroi et aux Francofolies.

En mai, Stéphanie Blanchoud et Perrine Delers proposent la création d’une gazette musicale « Faits divers s’abstenir ». Un très chouette spectacle mis en musique par Sophie De Wulf. Il ne sera malheureusement plus rejoué.

Pour la BIENNALE de la Chanson 2004, c’est à nouveau, pour moi, grand moment de satisfaction :
A part le premier prix que je n’apprécie pas (OMP), ce sont trois chanteuses de la Soupape, STEPHANIE BLANCHOUD, PERRINE DELERS et JEANMI, et PASCALE DELAGNES qui remportent les prix suivants, la 5ème place étant occupée par le groupe de jazz-rap « Rue des Pêcheries».

C’est à l’occasion de cette Biennale que je constate combien il est absurde de mélanger à ce point les différents styles musicaux. En effet, il est fort difficile, voire impossible de comparer ce qui n’est pas comparable !!
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Message  Admin le Mar 16 Oct - 9:59

- La 27ème saison démarre ensuite par « La Chanson fait sa rentrée » avec, pour débuter, Stéphanie Blanchoud dans un nouveau récital « Comme si…». Pour elle, l’année 2004, c’est un peu son année : Gagnante du concours « Musique à la française », les Francos, la Biennale… Par après, elle ira plutôt présenter ses récitals et créer ses spectacles à la Samaritaine !

Pour le « Rallye Chantons Français », sont programmés Pascale Delagnes et sa « Petite robe rouge » ainsi que « Les Ateliers chante G. Laffaille ».
Le chanteur SAMIR BARRIS, remarqué lors des ¼ de finale, fait ensuite son tout premier concert. Robin revient, ainsi que Hugues-O (ex OnYva).

En novembre, le chanteur portugais Manuel Alcobia qui était déjà venu ici dans les années 80, vient fêter ses 50 ans de scène !! L’excellent groupe Revirado vient jouer Astor Piazzolla, tandis que Perrine et JeanMi viennent chanter deux soirs.

- Pour le Festival « Mars en Chansons » de 2005, toujours organisé en collaboration avec Charleroi-Chanson, sont programmés près d’une dizaine de chanteurs ou de groupes :

Emmanuel Picardi, The Bambooz!, «Ma Petite Robe Rouge» (Pascale Delagnes), Guillaume D'Aoust et le groupe Malade Mantra (Québec).
Laurent Horgnies, Valéry Bendjilali, Xavier Mailleux chantent Serge Reggiani.
Jeanne Moreau chanté par Sarah Folk ainsi qu’une première pour Mathias Brismée et Mathieu Thonon qui formeront la saison suivante le groupe Room Service. Une nouvelle découverte !
« J'ai rendez-vous avec vous » : Georges Brassens chanté par Clément Bogaerts, Benoît Dumont et Marie Michiels qui sera repris en septembre.
Et pour clôturer, une soirée Vincent Delbushaye - Robin - François Spi.

Au mois de juin, je suis contacté par un étudiant à l’IHECS. Il veut faire son travail de fin d’étude en communication sur…la Soupape !! Cela me fait plaisir. Interviews, commentaires, articles, relectures… J’y travaillerai pas mal ! En fin de compte, cet étudiant s’inscrira aux Ateliers et sera sélectionné sous le nom de YOHM pour les ¼ de finale de la Biennale 2006 ! Une de mes dernières découvertes !

- La 28ème saison débute comme d’habitude par le Festival « La Chanson fait sa rentrée », avec le reprise du concert Brassens, puis le « Rallye Chantons Français » : Marie Sophie Talbot, qui était déjà venue au mois de mai, revient avec son nouveau répertoire. Superbe ! Au même programme : « Serge Reggiani chanté par les Ateliers » et le chanteur québécois Philémon, découvert en mars dernier. Il reviendra d’ailleurs en mars 2006.

Ensuite, plusieurs groupes et chanteurs sont programmés. Je découvre le groupe MARY M qui remportera le 3ème prix de la Biennale en 2006. Est programmé aussi le groupe ROOM SERVICE composé notamment de deux chanteurs issus des Ateliers, Benoît Dumont et Mathias Brismée. Ce groupe plein de promesses reviendra au mois de mars 2006.

A l’occasion de la BIENNALE 2006, quelques fort bonnes découvertes. Mais si lors des éditions précédentes, les chansons étaient généralement de facture assez classique et les accompagnements plutôt acoustiques, cette année, le son, plutôt rock, est majoritairement électrique, voire électronique. Les goûts et la mode évoluent et changent. A moins que ce ne soit la mode qui influence les goûts. C'est d'ailleurs parfois tout un art de savoir faire du neuf avec du vieux ! Comme pour la chirurgie esthétique !

- En septembre, la 29ème saison débute avec, comme chaque année, le Festival « La Chanson fait sa rentrée ». Miam Monster Miam, puis dans le cadre du « Rallye Chantons français », Hughes Maréchal et le chanteur français Nicolas Bacchus.
Très heureuse découverte, ensuite, avec le chanteur Yvan Tjolle.
Durant cette fin d’année 2006, un nouveau jeune chanteur est révélé par la Soupape, il avait interprété deux de ses chansons à la fin d’une soirée. Séduit par son authenticité et son talent, je lui ai alors proposé de venir interpréter ses chansons lors d’une soirée « Jeunes talents ». L’étonnant GAETANO qui y fait sa toute première scène, soulève l’enthousiasme du public (et le mien !). Il reviendra pour deux soirs en mars 2007.
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