IV. Back to Belgium (1972-74)

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IV. Back to Belgium (1972-74)

Message  Quichotte le Dim 27 Aoû - 12:52

IV. Back to Belgium (1972-74)

« Porter le chagrin des départs »

Tout de suite, dès mon retour en Belgique, je quitte la maison familiale et je loue un tout petit appartement à Saint Gilles. Je le décore de la même manière que celui que j’avais en Algérie. Je revois des amis, mais il n’en reste plus beaucoup.

Heureusement, il me reste ma troupe de théâtre. Mais la plupart des anciens l’ont quittée en même temps qu’ils ont achevé leurs études. Néanmoins, je me fais vite plusieurs amis parmi les nouveaux. Avec certains d’entre eux, plus tard, je partirai même en vacances : l’Egypte, un voyage organisé, Inde-Népal-Thailande, le Portugal,…Les spectacles se succèdent : Escurial, Le soleil se couche, Sir Halewyn de Ghelderode. Nous reprenons « Un léger accident » de J. Saunders.

Après le départ de Gust De Groote, surnommé « Mouche », nous tiendrons encore un an. Ensuite, la troupe se disloquera. Avec une partie des acteurs, je rejoindrai le Jeune Théâtre de l’ULB dirigé par Patrick Bonté, alors encore étudiant. Je y ferais principalement de la régie, mais je jouerai quand même, en 1978, dans sa pièce : «Demain, je t’aime » qui est représentée au Ciné Rio situé alors en face de l’actuel Espace Senghor.
« Peut-être pourrons-nous écrire un jour qu’avec Patrick Bonté est né, un auteur qu’on aimera demain ! » (La Libre Belgique)

Après mon retour d’Algérie, la réadaptation à la vie et à la société occidentale est fort difficile. Je me sens tiraillé. D’abord, un regret : J’aurais dû rester là-bas. Ensuite, la raison : Je dois entrer dans la vie active belge. Mais laquelle ? Normalement, mes études m’ont préparé à un certain domaine bien spécifique. Or, à la fin de ces études, je m’étais dit : « Plus jamais de Droit ! ». Mon expérience algérienne m’avait ouvert d’autres horizons. Je veux donc d’abord les explorer. Mais quels horizons ? Une question sans réponses.
Donc, ne perdons pas de temps et lançons-nous dans l’action, faisons des expériences.

Par l’intermédiaire d’un copain, j’obtiens rapidement un emploi dans la société de transport ZIEGLER au service « Déménagements internationaux » ! Habillé d’un costume et d’une cravate, mon boulot consiste à visiter de grosses villas luxueuses de Waterloo, Woluwé,… et à estimer le volume des meubles et de leur contenu en vue de leur déménagement à l’étranger. Passionnant ! Des cadres américains, des diplomates, des militaires du Shape…J’ai tellement eu l’habitude de côtoyer la pauvreté en Algérie que tout ce luxe, toute cette richesse m’écoeurent.

Je dois aussi assister à l’arrivée des meubles et des cartons de ces « immigrés » qui emménagent en Belgique. Un jour, grosse surprise ! Je découvre, venant des EU, des cartons remplis de savons et de papier de toilette ! L’épouse du cadre américain croyait que ces produits n’existaient pas ici !

Au début, les relations avec les déménageurs sont plutôt difficiles. Leurs blagues lourdes et grasses ne me font pas rire du tout. Ils me trouvent hautain et prétentieux. Mais peu à peu, pour me faire accepter, je suis obligé de jouer, comme eux, la carte de la vulgarité. Et finalement, j’y prends même un certain plaisir !! Certains comprendront ainsi un peu mieux les origines de la platitude de certaines de mes réflexions actuelles !

Pourtant, je compare sans cesse ma nouvelle vie à celle que j’avais en Algérie. Et après neufs mois de ce régime, je n’en peux plus. Je retourne pendant un mois voir « mon » pays.

Grosse crise après ce nouveau retour d’Algérie. J’ai 26 ans. Que vais-je faire de ma vie ?

Pendant les mois qui suivent, je passe des interviews dans différentes sociétés commerciales. Chaque fois que m’est posée la question : « Est-ce que ce type de travail proposé vous intéresse ?», je réponds avec sincérité, mais avec une certaine naïveté, que je n’en sais rien puisque je ne l’ai pas essayé ! Avec une telle réponse, bien évidemment, je ne fais pas bonne impression !

Puis, un jour, je tombe sur un type chaleureux et très sympa. Le courant passe bien. Je lui raconte mon parcours, lui parle de mes doutes, lui fais part de mes questionnements. A un certain moment, il commence à me parler un peu comme un père. « C’est fini l’adolescence, les expériences un peu exotiques. Il est temps maintenant de te prendre en main, de te lancer dans une carrière. Si tu veux, tu peux venir travailler ici. Tu y vas apprendre plein de choses ». Il m’a pratiquement convaincu et me tenant un peu la main, je signe mon contrat d’emploi. J’y resterai presque 28 ans…!!
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QUELQUES REACTIONS

Message  Michel Van Muylem le Sam 2 Déc - 16:40

Quelques réactions à la lecture d’autres récits :

« Je vais tomber amoureuse de toi si tu continues à écrire comme ça !!! Je suis pendue à tes lèvres...
Michel, tu as la plume...vraiment... Et c'est tellement attendrissant,... et je te comprends tellement mieux... Voilà,... super... » An.G.

« J'ai lu tes aventures passées, ça n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Bien aimé l'histoire avec l'américaine qui ramène ses savons et papiers-toilette. En tous cas, tu as dû te battre pour accéder à une certaine forme de liberté. Je suis sensible à cela et cela montre aussi ta lucidité et intelligence face à la vie. Merci Michel pour la confiance de tes confidences littéraires et surtout continue à écrire, créer et à ETRE LIBRE ! AMISTAD » Jos.N.

« Hola y olé, hombre !
J'ai lu et relu les grandes étapes de ta vie. Tu sais, il m'arrive parfois de n'écrire que deux mesures dans la journée et parfois plus. Le processus de la création est douloureux souvent, parfois des moments magiques où l'inspiration aidant on se sent pousser des ailes de géant mais le plus souvent, on pense au travail laborieux de la fourmi. Alors, patience, humilité font partie de notre quotidien. Le préambule-intro est très inspiré, l'idée du plan est bien. Amusant "les postillons de Brel", voilà ce qui arrive quand on se place trop près... » Jos.N.

« Merci Michel de nous avoir envoyé tes souvenirs d'Algérie et leur suite. On aime beaucoup te lire et découvrir ton parcours. C'est chouette d'avoir eu cette idée et de la partager avec tes amis. » Rob.D.

« J'aime beaucoup la façon dont tu écris... c'est très agréable ! Et je t'imagine bien sur les routes... » Dom.I.
«J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce nouveau chapitre de tes aventures. J'imagine que tu dois avoir un regard tout particulier sur les informations pénibles qui nous parviennent de ces pays. Quelle richesse en tout cas de t'être permis de vivre ces expériences. J'imagine qu'elles doivent encore souvent nourrir tes réflexions sur ce qui nous entoure et te permettre de relativiser pas mal des petits tracas étroits de la vie quotidienne. Un grand merci en tout cas de me les avoir fait partager. » Ant.M.
« Merci pour la suite de tes aventures. Comme les autres chapitres, cela montre des aspects de toi qui transparaissaient déjà dans nos rencontres et qui s'éclaircissent et se nuancent dans le texte. Ce mélange d'émerveillement, de doutes et de révoltes, de curiosité, de projets un peu fou mais merveilleux. C'est un peu comme un mille-feuille, des tiroirs, des surprises... C'est amusant comme se mélangent le côté enfantin et un peu groupille qui te fait rire chez moi, mais de manière assumée et en te donnant les moyens de vivre tes rêves. Je comprends que te retourner vers tous ces trésors te nourisse, et suis curieux de découvrir la suite, puisée dans le passé ou dans les projets que tu réaliseras encore. Très chouette en tout cas.» Ant.M.
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Michel Van Muylem

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