3. Hist de Soup: 3ème épisode : Les années 80 (suite et fin)

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3. Hist de Soup: 3ème épisode : Les années 80 (suite et fin)

Message  Quichotte le Mar 24 Oct - 20:27

Les DECOUVERTES en Théâtre - ET MOI ET MOI ET MOI…?!! - Les FESTIVALS, les CONCOURS - L’ECOLE DE LA CHANSON FRANCAISE (actuellement : Les Ateliers Chanson) - LES AUTRES LIEUX – LA CRITIQUE – PETIT BILAN (1978-1990)

Dans l’épisode précédent, j’ai parlé de quelques découvertes faites par la Soupape en chanson et en humour, en voici maintenant quelques unes faites en THEATRE.

Après son premier spectacle solo « Hello Joseph », le formidable comédien YVES HUNSTAD vient créer en juin 84, un deuxième spectacle intitulé « La terre à l’envers ». Lors de sa reprise au mois d’octobre, il change de titre : « GILBERT SUR SCENE ». Un spectacle absolument inoubliable et fabuleux qui marquera la scène théâtrale et qui sera joué, pendant une dizaine d’années, un peu partout dans la francophonie.
Anecdote : Je me rappelle qu’un quart d’heure avant le début du spectacle, lorsque je m’adressais à Yves, j’avais déjà Gilbert en face de moi. C’était Gilbert qui me parlait avec son accent et non plus Yves qui pour aplatir ses cheveux frisés avait porté sur la tête une sorte de filet !!
En septembre 87, il viendra présenter ici son troisième spectacle tout aussi extraordinaire: « LA TRAGEDIE COMIQUE ». Autre très grand moment de la Soupape : la reprise de « HELLO JOSEPH » pour une série de représentations en avril puis à nouveau en mai 88. Quel bonheur !
Lorsqu’il jouera dans les années 90, pour la dernière fois à Bruxelles, ses deux derniers spectacles au Théâtre National, il sera ovationné par un public debout !
Pour les 15 ans de la Soupape, en 93, il nous fera l’amitié de reprendre « Hello Joseph » et pour les 20 ans, il viendra faire une lecture d’un nouveau projet. Malheureusement, l’ébauche de ce nouveau spectacle ne verra pas le jour.

Un autre comédien, ALAIN MONTOISY, vient créer à son tour, en février 85, un seul en scène : l’excellent « Photos de famille ». Je ne compte plus le nombre de fois qu’Alain Montoisy est venu jouer et rejouer ce spectacle pendant une quinzaine d’années, de même que son second, « Ellebore » créé ici dans sa version café théâtre en juin 91.

Etonnante AGNES LIMBOS ! Après son seule en scène « Vous tombez bien » présenté une première fois en août 83, puis en novembre 85, elle reviendra créer ici sa « Balade orpheline » en 87, puis, en 92, « Le sourire du fou ou l’adieu aux armes » en avant première du Bota.

En janvier 87, le spectacle « Accrochage » révèle une extraordinaire comédienne : VERONIQUE CASTANYER. Vu son succès, ce spectacle sera repris deux fois au cours de la même année avant d’être joué ensuite à la Sama ! Je me souviens lui avoir dit : « Tu devrais absolument faire un spectacle seule en scène ». Deux ans plus tard, Véronique Castanyer viendra créer son tout premier spectacle solo « Je suis désolé » en février 89, mis en scène par Francy Bégasse. C’est ici qu’auront lieu, par la suite, pratiquement toutes ses créations. J’en parlerai plus loin.

Un autre très grand moment de plaisir de cette période, c’est la création bruxelloise du « Cabaret Offenbach » par PIERRETTE LAFFINEUSE et PATRICK WALEFFE, en juin 87. Patrick Waleffe dont nous avions déjà pu apprécier et apprécierons encore à plusieurs reprises les talents de comédien, de chanteur, de musiciens et de metteur en scène. Quelques mois plus tard, nous les retrouverons dans leur « Cabaret Opéra » et en 90, Pierrette Laffineuse viendra créer ici son récital de chansons coquines « Tellement Innocente ».

Durant cette décennie, de nombreuses compagnies théâtrales, parfois d’amateurs, viennent également jouer des pièces :
Ghelderode (Escurial), Molière (l’Avare mis en scène par Ralph Darbo) , Musset (avec notamment Victor Sheffer et Alfredo Canavatte), Jean Tardieu (les Diablogues avec l’explosive Léonce Wappelhorst, découverte dans un super spectacle Brecht, qui, jouant en maillot de bain, avait précisément oublié de se faire le…maillot !), H. Pinter, J. Cocteau, S. Guitry, Dumas fils (avec notamment Bernard Lefrancq et Michel Poncelet juste sortis de l’Académie!), P.Handke (Outrage au public), F. Arrabal, R. de Obaldia, E. Albee (Zoo), Ionesco, E. Wilwerth (avec Viviane Collet), P. Vrébos (Cyclochoc, Réincarne toi Polycarpe), Karl Valentin,…

ET MOI ET MOI ET MOI…?!!

Quelques années après l’ouverture de la « Soupape », l’envie de remonter sur scène me reprend. J’ai un lieu, pourquoi ne pas en profiter ?

L’idée germe avec quelques amis (Isabelle Rigaux, Walter Corten, Paul Huygens, Bénédicte Debatty,...) de créer une troupe propre à la Soupape. Nous montons alors « Les Précieuses ridicules » de Molière, en juin 80 (repris deux fois), puis « Les Exercices de Styles » de R. Queneau, sous forme de comédie musicale ! La mise en scène est assurée par Michel Guillou. Cela chante, cela danse,… un très beau succès en juin 81. Pour l’occasion, nous construisons une vraie scène surélevée. Il n’y en avait pas encore !

Ensuite, la troupe Athalyc renaît de ses cendres et nous montons en 1984, « La Colonie » de Marivaux, mise en scène par Henri Billen. La pièce sera d’abord jouée aux Riches Claires.
Puis, pour la nième fois, je reprends, en 85, « Un Léger accident » de James Saunders ! Cette pièce, créée en 1969, alors que j’étais encore étudiant, sera également jouée à L’Os à Moelle et aux Riches Claires. J’y joue toujours ce personnage hautain, un peu idiot, qui me va comme un gant ! Au fait, pourquoi ne pas encore la reprendre aujourd’hui ? Une toute dernière fois…

Les FESTIVALS, les CONCOURS, les RADIOS,…

Mon envie de promouvoir et de défendre les chanteurs s’exerce tout azimut que ce soit à l’occasion de Festivals, de concours ou à la radio.

C’est ainsi qu’en plus de La Soupape, je participe activement à l’Asbl Voix Voies, dont je suis aussi administrateur et ce pour l’organisation des FESTIVALS « NOTRE CHANSON ».
Il y en aura quatre. Le premier, en 82, au Passage 44, le deuxième, en 83, à Seraing (un flop !) et les deux suivants au Botanique, en 85 et 86. Chacun d’entre eux est une sorte de vitrine de la chanson belge du moment.
J’y propose régulièrement la programmation de chanteurs révélés par la Soupape. A l’occasion de l’un d’eux, je me rappelle avoir dû me battre pour que soient programmés Marc Lelangue et Marc de Hollogne. Car chaque fois que j’en découvre un, j’essaye, dans la mesure de mes petites possibilités, de l’aider comme je peux. Parfois aussi, des organisateurs me contactent pour avoir des avis, des tuyaux.

Au fil de ces festivals, en plus des chanteurs belges, nous programmons également des chanteurs français : Romain Didier, Jean Louis Mahjun, Melaine Favennec, Dick Annegarn,… Malheureusement, dans le conseil d’administration de Voix Voies se trouve un représentant du Botanique. Si bien qu’il nous piquera l’idée de ce Festival et, après nous avoir écarté, il la reprendra à son propre compte…! Ainsi, les années suivantes, il organisera ce qui deviendra pendant quelque temps le « Festival d’été » et ensuite « Le Bota fait sa rentrée ».

A l’époque où la Fondation Brel organisait des concerts au Passage 44 avec certains chanteurs français, je conseillerai régulièrement à France Brel certains chanteurs pour faire les premières parties.
A un certain moment, je recommanderai même des humoristes au Festival du Rire de Rochefort.

Pour les Fêtes Romanes organisées à Woluwé St Lambert, je suis invité, de 83 à 85, en tant que membre du jury, au CONCOURS DE LA CHANSON. Ici aussi, je viens « supporter » les chanteurs que je connais par la Soupape. La plupart d’entre eux remportent des prix : Aline Dhavré, Anne Bernard, ZO, Pascal Charpentier, Philippe Tasquin, Bernard Delpierre, Hughes Maréchal. J’y côtoie pour la première fois des personnes comme Camille Herremans, Pierre Collard Bovy,… que je retrouverai 10 ans plus tard dans le jury de la Biennale de la Chanson française !

Je participe aussi régulièrement à deux émissions de RADIO sur Radio AIR LIBRE : le « Petit cheval de bois » animée par Marc Gilmant et Pierre Dusart et ensuite « Chants libres » animée par Philippe Dechambre, Jean Philippe Cambie et Jean Philippe Delobel. Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’y amène un chanteur ou une chanteuse pour des interviews : Maurane, Angélique Ionatos, Claudine Dailly,…
Des chanteurs de la maison sont aussi envoyés à des émissions radio et télé de la Rtbf comme Couleur Nuit (Pierre Collard-Bovy), Carrefour, les Feux de la rampe (Roger Simons). Ce dernier viendra enregistrer ici une de ses émissions avec comme invitée l’actrice française de cinéma, Marie Dubois.
Télé-Bruxelles vient aussi filmer des extraits de spectacles ou de concert.

L’ECOLE DE LA CHANSON FRANCAISE
(actuellemment : Les Ateliers Chanson)

L’histoire de La Soupape est très étroitement liée à celle des Ateliers Chanson, appelés lors de sa création « Ecole de la Chanson française ». C’est avec l’aide de la Commission française de la culture (la CFC, aujourd’hui la COCOF) qu’ ANGELE GULLER, surnommée « Madame la Chanson », ouvre cette école en septembre 1983. Animatrice d’une célèbre émission à la radio, à l’époque de l’INR, intitulée « La vitrine aux chansons », dans les années 50-60, elle avait créé en 1963, les Jeunesses de la Chanson. Pendant de très nombreuses années, elle écrira une chronique sur la chanson dans l’hebdomadaire le « Pourquoi pas? ». En 1978, elle rédigera une superbe bible sur la chanson intitulée « Le 9ème Art ». Certains devraient la lire aujourd’hui, elle est toujours bien d’actualité et fort riche en enseignements !

Parmi les professeurs, rien que du beau monde : Arnould Massart, qui sera le pianiste et l’arrangeur de Maurane, Walter Corten, qui deviendra prof au Conservatoire et à l’ULB, la chanteuse Ann Gaytan, le pianiste Alain Rochette, la comédienne Janine Patrick, qui, adolescent, m’avait ébloui au Théâtre National dans la Mouette « Je porte le deuil de moi-même…»,…

Chaque année, le spectacle de fin d’année est présenté à la Soupape et je m’attache à programmer très régulièrement certains élèves qui en sont sortis : ZO, Hughes Maréchal
(devenu plus tard professeur aux Ateliers), Bénédicte Davin, Georgia Valmont, Pierre Léonard, Sylvain Goldberg (actuellement producteur),…

Après qu’Angèle Guller ait décidé de quitter l’Ecole à la fin de la saison 86-87, cette dernière risque de fermer ses portes. Pendant un an, j’essayerai tant bien que mal de reprendre le flambeau pour sauver l’école et ce avec la chanteuse Claudine Dailly, la fille d’Angèle Guller.
Après une réunion avec des responsables de la Commission française (CFC), la Soupape est officiellement chargée d’en reprendre l’organisation. Une subvention lui sera désormais versée pour la gestion et le paiement des professeurs et les cours sont donnés ici.

L’école change aussi de nom, elle s’appelle désormais « Ateliers de la Chanson ». Le terme « Ateliers » est choisi avant tout pour créer une rupture avec le passé, mais aussi car c’est un terme plus moderne que le mot « école ».

Pour la rentrée de septembre 88, je fais venir quelques nouveaux professeurs.
Les élèves suivent successivement trois ateliers différents avec trois profs d’interprétation :
Ann Gaytan, Claudine Dailly et enfin Martine Kivits. Parmi les élèves : Bruno Huisman, Audrey Englebert, Bernard Polet (il animera plus tard l’émission « Télécinéma » à la Rtbf).

Pour la saison 89-90, certains élèves, en plus des nouveaux, continuent à suivre une 2ème année avec Martine Kivits, devenue la principale professeur d’interprétation avec Jean Luc Fafchamps au piano. Parmi les élèves : Jean Claude Dubiez, Tom Berryl (Goldschmit), Ch. Leboutte, Marcel De Mun, …
Pour le spectacle de fin d’année, comme il manque une voix de basse pour les chœurs, j’en profite pour monter sur scène !!

Mais à partir de la rentrée de septembre 1990, il y aura de gros changements (à suivre…)


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Quichotte

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Message  Quichotte le Mar 24 Oct - 20:28

LES AUTRES LIEUX

En 1978, à l’époque de l’ouverture, quelques « petits lieux » existent à Bruxelles. Le plus connu est le Grenier aux Chansons tenu, pendant 20 ans, par la mémorable Jane Tony. Celle-ci y accueille des chanteurs et des humoristes. On peut y rencontrer Claudie Claude (Maurane), Marc Herman, Isabelle Rigaux, Ann Gaytan,…Ils sont généralement programmés les vendredis et samedis pendant un mois, tandis que les dimanches sont réservés aux « nouveaux » auxquels Jane prodigue ses conseils. Le Grenier fermera ses portes en 1981 avec la disparition de Jane qui avait près de 80 ans. Il y a aussi le Clap et l’Os à Moelle à Schaerbeek, les Quatre Saisons à la porte de Namur…

Au début des années 80, s’ouvriront quelques nouveaux lieux : le Lapinsky à St Gilles, l’Estrille au Sablon, l’Escapade à Schaerbeek, ensuite le Ti-Roro, l’Intemporel, le Cancan.
J’aiderai certains responsables de ces lieux en leur faisant part de ma petite expérience, tant sur le plan de l’organisation que sur les artistes. Ainsi pour l’Escapade, durant sa première année, je ferai même sa programmation, en même temps que celle de la Soupape ! Malheureusement, lorsqu’il n’aura plus besoin de moi, je ressentirai vite de sa part une espèce de concurrence, une rivalité fort peu sympathique !
Par contre, les relations avec d’autres, comme l’Estrille ou le Lapinsky, seront des plus cordiales voire amicales. Avec eux, existe une très chouette collaboration, nous nous recommandons les artistes.

Il y aura aussi l’Albatros, noyauté par des scientologues (83). Je me rappelle avoir reçu la visite d’un des responsables me signifiant que j’étais devenu une personne « suppressive » (!) car j’avais mis en garde certains chanteurs de l’appartenance de certains responsables à cette secte. Il m’a même menacé de chantage, si je ne me taisais pas !

En Wallonie, je citerai les Forges à Liège, les Six cordes à Esneux, le Coq d’Aousse à Marcinelle,…

En 1985, s’ouvre l’Enfance de l’Art qui, après huit mois, change de nom pour s’appeler
« La Samaritaine », un nouveau nom que je me rappelle lui avoir suggéré. Une fois encore, je donne, au début, un sérieux coup de main pour la programmation. Je me souviens y avoir même fait la régie pour certains chanteurs !

Les relations avec la Samaritaine sont très bonnes. Durant les premières années, la plupart des artistes créent d’abord leur spectacle à la Soupape durant un ou deux soirs et par après, ils vont se produire à la Sama pour une plus longue série. Après quelques temps, « Huguette de la Sama » (tout comme on dit : « Michel de la Soupape » !) constatera que, pour la chanson, sauf exceptions, le système des séries ne marche pas très bien. En effet, la chanson n’attire pas assez de public pour remplir une salle durant toute une semaine. Il est vrai qu’il est plus coutumier de voir un chanteur faire un concert seulement un ou deux soirs. Ce qui n’est pas le cas en théâtre.

Début 88, je collabore avec elle ainsi qu’avec l’Asbl Voix Voies et la revue Une Autre Chanson, pour l’organisation du « Mois de la chanson » dans les deux lieux.
Après quelques années, la Sama programmera moins de chanson, mais de plus en plus de théâtre. A son tour, la Sama découvrira ses propres artistes, comédiens et musiciens. De nombreux comédiens y deviendront des habitués de la maison. De cette manière, les deux endroits se complèteront mieux.
Néanmoins, le jour où je découvrirai cette pub faite par la Sama : « L’endroit UNIQUE à Bruxelles où le spectacle est VRAIMENT de toute première qualité », cela ne me fera pas particulièrement plaisir.


LA CRITIQUE

J’ai souvent été profondément agacé à la lecture de certaines critiques dans la presse. En effet, ce que le journaliste écrit est régulièrement présenté comme étant LA vérité objective, alors que ce n’est souvent que l’expression de ses propres goûts personnels, une vision essentiellement subjective. Quelle inhumanité aussi de certains qui ont l’air de prendre un malin plaisir à démolir des artistes ou des spectacles. Je me rappelle que certains artistes ont mis parfois des mois avant de s’en remettre. Catherine Degan, dans les années 80 et Christel Prouvost, dans les années 90, étaient deux grandes spécialistes de ce massacre dans le journal Le Soir !

Ainsi, suite au Festival « Notre chanson » de 1986 au Botanique, le journal le Soir, sous la plume de Catherine Degan, fustige une partie de la programmation à laquelle j’ai participé :

« La soirée au Café-théâtre, entièrement confiée aux bons soins de la Soupape, tomba, à maints égards, dans l’amateurisme et la complaisance si bien évités pour le reste de la programmation. (…) les artistes s’y alignent presque comme un crochet à usage des familles. »

Je suis à la fois fort touché et en colère. Je lui écris donc, dans le programme périodique, une lettre ouverte qui corrige certaines erreurs de sa part et qui dénonce sa subjectivité et sa propre complaisance vis-à-vis de certains de ses amis chanteurs pour lesquels elle écrit elle-même des textes, etc …
Bien mal m’en a pris. A partir de ce moment-là, le journal Le Soir n’a plus jamais fait de « chapeau » pour les annonces des spectacles et des concerts de la Soupape.

Fort heureusement, je reçois, en réaction à ma lettre, un courrier du musicien, José Bedeur. Cela me réconforte.

« J’estime que ta lettre, par ailleurs remarquablement élégante, fait preuve d’un beau courage. Enfin, me dis-je, quelqu’un qui ose s’opposer ouvertement à cette pontife ! Depuis les années que j’observe cette dame à travers ses écrits, j’ai noté une énorme suffisance, une sorte de masturbation auto-satisfaisante basée, néanmoins sur une culture certaine. Mais il y a différentes façons d’être cultivé : On peut tirer de ce que l’on apprend une belle modestie, on peut aussi tout considérer en fonction de son nombril et c’est, peut-être inconsciemment, ce que fait Degan. N’est bon que ce qu’elle aime, ce qui la fait briller, ce qui la flatte ou la paie (…) »

En 1991, Claude Semal rédige un article virulent dans ce même journal intitulé « Eloge de la critique » :

« O, aimables procureurs, exégètes en tous genres, qui êtes-vous donc pour nous juger du haut de votre médiatique fauteuil ? (…) Je n’aimerais certes pas être à votre place : comment juger « objectivement » un spectacle? (…) La liberté de la presse, qui devait garantir à chaque citoyen le droit à la parole, n’engendrera-t-elle donc que cette molle dictature : abandonner à un ou deux de vos confrères le droit de vie ou de mort sur tout ce qui se dit ou se chante dans ce pays ? (…) Vous faites, ô critiques, un métier impossible. Ne nous le rendez pas, en plus, insupportable. »

PETIT BILAN (1978-1990)

L’événement de la fin de ces années 80 est la célébration, en 1988, du 10ème anniversaire de la Soupape avec pendant 2 mois une trentaine d’artistes de la maison. Nous faisons un premier bilan : « Plus de 800 soirées, plus de 500 artistes et spectacles différents. Quelques 25.000 spectateurs. (Ah ! Si je devais compter aujourd’hui…!!) »
A cette occasion, la Presse nous gâte. Il est vrai que depuis quelques temps elle nous a un peu oublié…Une page entière dans Télé Moustique, dans The Bulletin et dans Une Autre Chanson.

Lorsque je repense à cette première décennie, j’éprouve de la nostalgie pour toute cette succession de moments uniques et éphémères d’intense plaisir, voire de bonheur. Des instants qui ne se reproduisent malheureusement pas. Mais c’est la loi du spectacle...

En examinant la programmation, je constate aussi qu’au fil des années, le nombre annuel des spectacles et des concerts différents a diminué. Il est passé progressivement de 60 à 30/40 par an. La raison est simple : au début, un chanteur ne produisait qu’un seul soir alors que par la suite il se produira, de plus en plus souvent, deux soirs au lieu d’un seul. Par ailleurs, en théâtre, une pièce est souvent représentée deux fois au minimum.

Le prochain épisode couvrira les années 90. Je parlerai de la coexistence entre ma vie au bureau, la journée, et ma vie à la Soupape, le soir. Pour celle-ci j’aborderai la programmation, avec en théâtre, les spectacles qui m’ont marqués, les coups de cœur, l’aventure Don Quichotesque et avec en chanson, les chanteurs que j’ai découverts.
Je poursuivrai aussi l’histoire des Ateliers Chanson, je parlerai de la Biennale de la Chanson, sans oublier toutes sortes de petites anecdotes,…
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