6. Années 90 (6ème épis) : 20ème Anniversaire – Autres lieux

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6. Années 90 (6ème épis) : 20ème Anniversaire – Autres lieux

Message  Quichotte le Mar 12 Déc - 23:03

LE 20ème ANNIVERSAIRE

Comme pour le 10ème anniversaire à la fin des années 80, l’événement de la fin des années 90 est la célébration, en 1998, du 20ème ANNIVERSAIRE de La Soupape

Pendant presque un an sont programmés des artistes qui d’une manière ou l’autre ont marqué ces 20 premières années, une sorte de BEST OFF qui se terminera par plusieurs week ends festifs. Une formidable année, une de plus, gravée dans ma mémoire !

Des amis. Rien que du très beau monde. Quelle affiche !

Cette année de fête débute en janvier 98 avec le spectacle de VERONIQUE CASTANYER « Désolée, c’est monstrueux » un best off que je lui avais suggérer de faire juste après les festivités des 15 ans, avec ses deux premiers spectacles.
Se succèdent ensuite :
« Photo de Famille » et « Ellebore » (en sept.) de et par ALAIN MONTOISY,
L’hilarant « Tranches d’Europe Express » avec Martine Kivits, Eric Drabs et le pianiste J.L. Fafchamps qui était déjà présent en 1980 !
Les superbes « Divas in furore » qui reviennent pour une ultime représentation.
Le concert « Entre le jour et la nuit » par le duo ANOUK et MARIE SOPHIE TALBOT.
Le tout grand moment avec la venue exceptionnelle de YOLANDE MOREAU pour jouer sa mémorable « Sale affaire ». Je me rappelle qu’elle m’a dit avoir dû spécialement faire ajuster son costume pour l’occasion… car elle avait grossi !
Autre moment exceptionnel : YVES HUNSTAD faisant la lecture d’un nouveau texte digne de Gilbert sur scène. Malheureusement, ce nouveau spectacle seul ne verra pas le jour.
La venue de l’étonnant magicien STANISLAS ainsi que de la comédienne AGNES LIMBOS pour un extrait de son nouveau spectacle.
MARC DE ROY pour un spectacle de chansons en duo ou en trio Anouk et Vincent Raoult.
La merveilleuse CHRISTIANE STEFANSKI accompagnée par Marc Hérouet, Stéphane Martini, John Valck et Poney Gross pendant quatre soirs.
Une ultime série de représentations de DON QUICHOTTE.
En juillet, l’inoubliable toute dernière du duo JOSEPH COLLARD et JEAN LOUIS DANVOYE « Les Founambules » juste avant leur séparation !

Durant tout le mois d’octobre, ont lieu les « Revues des 20 ans » avec une vingtaine d’artistes de la maison. S’y retrouvent certains qui se sont déjà produits pendant l’année auxquels se sont rajoutés : Adrénaline, Bruno Coppens, Pierrot Debiesme, Isabelle Fontaine, Hughes Maréchal, Vadim Piankov, Isabelle Rigaux, Philippe Tasquin, Patrick Waleffe,…

Le public présent à ces revues se rappellera sans doute du chanteur Philippe Tasquin interprétant seul au piano la chanson de Queen, « Bohemian Rapsody », mais aussi des parodies de Marc De Roy, du sketch de Pierre Lafleur sur la Soupape (et sur moi-même !!), et du texte hilarant de Vincent Raoult, « Le sermon des 20 ans » (voir plus loin).

Cette année festive se clôture avec un récital solo de CLAUDE SEMAL, un Best Off de « Pepe » Angel Ramos Sanchez, le spectacle « Badineries » de Vincent Raoult et Benoît Verhaert et le concert de PASCALE VYVERE.
OUF ! Mais que du bonheur !!

QUELQUES CHANTEURS

Parmi les chanteurs de cette fin de décennie, j’ai envie de reparler de trois d’entre eux.
La petite ZOE, tout d’abord. Je dis « petite » car, toute gamine, elle venait ici avec sa maman, la chanteuse Martine Kivits, et elle montait déjà sur scène pour chanter. Ainsi à 13 ans, dans le groupe « L’Ampleur des dégats ».
Alors qu’elle est encore aux Ateliers dont elle sortira en 98, elle présente ici son tout premier mini récital en décembre 97. En octobre 98, elle remporte le 3ème prix de la Biennale Chanson et en janvier, elle revient pour un récital complet, toujours accompagné de J.L. Fafchamps. Devenue choriste de Maurane, elle fera l’Olympia à Paris et le Palais des Beaux Arts, avant d’obtenir un prix Coup de cœur aux Francofolies de Spa en juillet 99. Un concert mémorable où Maurane et M. Kivits viendront la rejoindre sur scène pour interpréter quelques duos. Elle reviendra encore chanter ici en juin 2002 et à l’occasion des festivités du 25ème anniversaire en 2003. Elle y fera avec sa mère de superbes duos improvisés.
En juillet 2006, aux Francofolies de Spa, elle présentera son récital, en première partie de Michel Jonasz, qui s’achèvera par une « standing ovation ». Au mois d’octobre, sortira son premier CD, produit par la maison de disque de Luc Besson !
Tout va bien pour elle !

DAMIEN HURDEBISE : Sorti des Ateliers en 96, cet excellent pianiste participe le même été aux Rencontres francophones de Salon de Provence où il remporte le prix du « Québec ». En mars 97, il chante ici en solo en première partie de Véronique Pestel. Il y reviendra plusieurs fois (mai 99, février 2000,…). Damien obtiendra aussi le 1ier prix du concours « Belle à Chanter » en 98, année de sa première participation aux Francofolies Spa en première partie de Thomas Fersen.
Mais sur scène, il est peut-être un peu trop discret. Alors, après avoir côtoyé à Avignon le chanteur Dimitri, il m’a raconté combien il avait été impressionné par la capacité de ce dernier de parler au public entre ses chansons. Cela lui donnait beaucoup de présence sur scène. Ayant retenu la leçon, il a commencé, à partir de ce moment-là, à présenter avec beaucoup d’humour chacune de ses chansons. Si bien qu’en 2002, à l’occasion de la sortie de son CD produit par la Sowarex, il sera à nouveau à Spa pour la première partie de R.Charlebois et il fera un tabac !

PIERRE LAFLEUR : Rencontré à l’occasion des « Petits Enfoirés », ce comédien-chanteur fait un premier mini récital en septembre 97. En 98, il se produit en première partie de Christiane Stéfanski avant de faire, en été, les Francofolies de Spa au même programme que Marc Lavoine. Il revient chanter en novembre 99 avant de présenter en mars et en décembre 2000 ses hilarantes « Chansons délirantes » toujours accompagné aux claviers par le fidèle Patrick Therer. Après sa déception aux Franc’Off de Spa en 2003, il arrêtera temporairement la chanson pour se consacrer avec bonheur au théâtre jeune public.

Je m’en voudrais de ne pas rappeler cette mémorable « Fête à Kivits », en mars 99, sorte de Best Off de sa carrière, sans oublier la création, en juin 99, de ces « Histoires Kurt » avec Anouk, Jean Hilger et Alain Delval. Un fabuleux concert de chansons de Kurt Weill – B.Brecht dans lequel Anouk excelle une fois de plus !

Durant ces années 90, j’accueille encore des CHANTEURS FRANCAIS : Gérard Delahaye, Bruno Brel, Jean Vasca, Marie Josée Vilar, la merveilleuse VERONIQUE PESTEL, Melaine Favennec, Valérie Lou. Mais ils sont moins nombreux que dans les années 80.

Depuis le début de la Soupape, les MUSIQUES DU MONDE (anciennement appelées folkloriques !) prennent également une place assez honorable dans la programmation.
Je citerai les groupes Camanchaca de Chili, Cerrado, Cheiro de Choro, Quetzalcoalt, Los Sevillanos, Kollasuyo, Surmundo,…
Le merveilleux guitariste flamenco Marquito Velez qui se produira ici chaque année de 87 à 91. Les chanteurs Manuel Alcobia, Hamsi Boubeker, Kristen Noguès, Marcella Saftiùc, Marwan Zoueini, Princesse Mansia M’Bila,…

Par contre, J’ai pratiquement abandonné le JAZZ et la MUSIQUE CLASSIQUE, sauf exceptionnellement. Ainsi, je me rappelle de ces « Tableaux d’une Exposition » de Moussorgski interprétés magistralement au piano par Jean-Luc Fafchamps en 91 et plus tard les concerts du groupe «Tangram» avec M.S.Talbot.

D’AUTRES LIEUX

Dans les années 90, beaucoup de petits lieux qui existaient dans les années 80 ont fermés. Par contre des nouveaux lieux se sont ouverts : le « Cabaret aux Chansons » tenu par la charmante Suzanne Ferry, le « Jardin de ma sœur » d’Arthème, le « Théâtre le Café » de Claude Semal, le « Cercle St Anne » d’Alain Baran, le « Café de la Rue » de Marie Noëlle. En province, il y a « Ecoutez Voir » de Jean Lemaire à Stavelot.
Comme précédemment, j’ai des affinités avec certains et la collaboration est très chouette, par contre… je reste assez allergique aux endroits qui ont également une vocation commerciale ! Mais j’entre alors dans le grand débat : Art, Culture et Commerce !!

Dans les années 2000, alors que certains ferment leurs portes, d’autres les ouvrent : « La Dolce Vita » à St Josse, « Le Côté Village » à Uccle et récemment « L’Arrière Scène » à Etterbeek et « Le Petit Chapeau rond rouge » à Woluwé. Parmi d’autres petits lieux, mais qui eux ne programment pratiquement que du théâtre, s’ouvrent aussi « La Clarencière » et « La Flûte enchantée » à Ixelles.

Pour le JAZZ, alors qu’a disparu le célèbre « Travers » de Jules, s’ouvre un nouveau superbe lieu « The Music Village », créé par Paul Huygens. Je me dois absolument de dire quelques mots à son propos. Nous nous sommes connus dans les années 70 dans la troupe de théâtre étudiant Athalyc. Il a ensuite été un des membres fondateurs de la Soupape et a tenu le bar pendant près d’une dizaine d’années. C’est lui aussi qui a conçu pendant plusieurs années la maquette du programme. C’est dire le rôle important qu’il a tenu à la Soupape !
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Sermon des 20 ans par Vincent RAOULT

(à l’occasion de l’anniversaire de la Soupape en octobre 1998)

Mes bien chères soeurs, mes biens chers frères,
En cette veille de Toussaint où nous allons fêter tous les Saints, n'oublions pas l'un d'eux qui nous est cher : Saint Michel de la Soupape.
Né Michel Van Muylem, il troque voilà 20 ans son patronyme aristocratique flamand contre celui, non moins aristocratique mais plus français, de "de la Soupape". En outre, la Soupape, on sait où c'est, tandis que Muylem...

L'abbé Michel a dédié sa vie à cet ancien car-wash réaménagé en lieu de culte. Son sacerdoce le poussera à affronter tentations et obstacles. Saint Michel sera même amené à terrasser le diable immobilier qui convoitait l'honorable lieu. Après 20 ans, la Soupape est toujours là, défiant les forces du mal, tenant debout comme par miracle.

Pour qui (comme certains d'entre nous) visite la Soupape en-dehors de l'office (qui a lieu comme chacun sait tous les vendredis et samedis à 21h15), l'endroit ne dévoile pas immédiatement ses charmes. Le visiteur qui vient préparer l'office suivant a pris soin de se présenter après 11h du matin car il a en mémoire le précepte de l'abbé Michel: "vous aurez plus de chances entre 11h et 14h ou après 19h".

Père Michel apparaît dans son somptueux peignoir en tissus éponge, la tasse à la main d’où fume une fade chicorée (qui laisse le visiteur espérer vainement qu'il y aura du café).

En privilégié, le visiteur découvre au 1er étage la sacristie du bon père. Celle-ci sert de remise pour une brocante hypothétique ou sans cesse postposée. Au mur, il grattera la poussière pour apercevoir une photo préhistorique de Maurane ou du bon Michel quand il avait lui-même 20 ans. Dans tout l'étage flotte le fumet délicat de la lasagne dégelant au four et avec laquelle le bon abbé enchaînera, sitôt sa chicorée savourée. En arrière-plan olfactif, résiste le parfum tenace de la friture dont la graisse, cette année, fête aussi ses 20 ans. En bas, le visiteur prépare avec les autres son rôle d'enfant de choeur pour l'office de vendredi, s'adressant aux dizaines de verres, bouteilles, paquets de chips et cendriers débordants qui poireautent en attendant Notre-Dame de l'A.L.E.

Vendredi 19h30, Saint Michel arrache sa cravate d'agent double, sort sa queue de cheval, plonge dans son bain pour y accomplir ses rites quotidiens et engloutit sa cinquième lasagne de la semaine tout en créant les effets d'éclairages.

20h30 sa sainteté ouvre les portes du temple en répandant un fin filet de bave pour fermer sa cigarette de Belgam jaune. Les fidèles (le terme est juste) accourent des quatre coins de l'horizon. A commencer par sa sainte mère chargée de linge frais où elle a fait disparaître les auréoles que par humilité le saint homme cache sous les aisselles.

Dans quelques instants, va se produire le miracle hebdomadaire. Le maître des lieux dispose les fidèles dont les fesses découvrent des reliefs aussi surprenant que variés. L'abbé collecte les offrandes dans un ordre... qui lui est propre.

21h15. L'ecclésiastique va commencer sa messe : il débranche la sonnette et récite la première prière s'intitulant: "Prière de ne pas fumer pendant l'office". Il coupe le ventilateur et se glisse derrière son jeu d'orgues. La lumière baisse pour faire place à ce grand mystère, aboutissement d'une cascade de petits miracles.

Miracle ! Les enfants de choeur ont réussi à traverser la cuisine en évitant de glisser sur les rondelles de ron-ron du chat et en enjambant la vaisselle des six dernières semaines.
Miracle ! Ils parviennent à traverser le cabinet de toilette à deux portes et au sol glissant mais moins glissant que l'escalier raide qui suit (car c'est dehors et il pleut).
Miracle ! Ils traversent sans coup férir la remise où menacent ruine les piliers de casiers de Jupiler (personne ne sait pourquoi), ils ouvrent la porte sacrée, reviennent en arrière pour laisser passer un fidèle qui faisait ses dernières ablutions dans le bénitier de faïence qui se trouve derrière la scène. Miracle ! Sans quoi le malheureux fidèle aurait dû, pour regagner sa place, traverser le centre de la scène en interrompant l'office.
Miracle ! Ils réussissent à passer le rideau, à passer le deuxième rideau et à déboucher sur la scène vibrante.
Miracle ! Les projecteurs qui fêtent leurs 30 ans parviennent à éclairer sans se décrocher.
Miracle ! Les micros dont le profil rappelle plus le casque de motard accidenté que le SM58 élèvent les voix vers les fidèles.

Il est grand le mystère de la Soupape. Les enfants de choeur récitent leur credo et chantent les louanges sous l'oeil bienveillant du saint père qui les encourage de temps à autre d'un chaleureux "Hah!".

A l'entracte les fidèles s'agglutinent dans une joyeuse mêlée, façon "Jeux Sans Frontières", afin d'obtenir un calice, et de le ramener le plus rempli possible.

L'office reprend jusqu'au crépitement des menottes des fidèles. La messe s'achève. La sainte mère s'en retourne chargée des auréoles confiées par le saint homme. Les enfants de choeur sirotent leur deux consommations gratuites, en s'apercevant que les fidèles de ce soir sont en fait les enfants de choeur de la semaine dernière, quand ils étaient eux-mêmes parmi les fidèles.

C'est l'heure où le bon père tend son oreille attentive pour la confession de l'un ou l'autre. Il nous écoute sur la scène et dans les coulisses, même si au pape saoul de la Soupape échappe de temps à autre un : "les artistes et leur égo, j'en ai jusqu'à l'auréole".

Qu'importe! Aie pitié de nous, pauvres artistes. Louange à toi, Saint Michel. Nous te rendons grâce et te prions d'être encore là dans vingt années, et pour les siècles des siècles. AMEN!

Vincent RAOULT, octobre 1998.
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